Bonaparte à Carnot, 16 avril 1796 (Arch. G
alors qu'elle avait déjà dépassé Montargis. BonaparLe ne voulut voir là qu'une preuve de la « malveillance des bureaux de l'artillerie '», qui compromettaient ainsi les armes de la République et il leur imputa délibérément la mort du brave Stengel et l'obligation où il se trouvait de s'arrêter « tout court dans la plaine, devant une cavalerie plus nombreuse et mieux montée » que la sienne. Il partait de là pour réclamer avec plus d'insistance encore six compagnies d'artillerie légère « qui aient déjà fait la guerre », et pour conseiller de surveiller les bureaux « où il y a des malveillants qui cherchent à faire manquer les opérations * ».
Pour le génie « les sapeurs formés depuis moins de deux ans avaient beaucoup gagné en instruction et discipline*». Cependant, les corps du génie et de l'artillerie sont « livrés au commérage le plus ridicule; on ne consulte jamais le bien du service, mais toujours la convenance des individus * »; Bonaparte n'avait pas un officier du génie capable de reconnaître Ceva; « pas un officier du génie sortant de Mézières; » « pas un qui ait fait un siège ou qui ait été employé dans une place fortifiée. ^ » « Vous ne pouvez pas, répétait-il, concevoir mon désespoir, je dirais presque ma rage, de ne pas avoir eu un bon officier du génie sur le coup d'oeil duquel je puisse compter; cinq ou six officiers d'artillerie auxquels vous aviez donné des ordres, et de me trouver sans artillerie légère, au moment où je suis en plaine «. Lorsque les commis veulent gouverner voilà ce qui arrive. ''» «Il est impossible devoir un bureau moins au fait de ses troupes que celui de l'artillerie qui compte sur des troupes qui n'existent plus. » Plus tard Bonaparte récrimine encore, à l'arrivée de quarante artilleurs à cheval qui n'ont pas fait la guerre et qui sont démontés : « Envoyez m'en donc six compagnies et ne confiez pas l'exécution de cette mesure aux hommes des bureaux, car il leur faut dix jours pour exécuter nn ordre et ils auront l'ineptie d'en tirer peut-ôtre de la Hollande, afin que cela arrive au mois d'octobre * ».
Aussi, peu après l'ouverture delà campagne, dùt-on recourir au génie civil, et l'ingénieur en chef des pouls et chaussées. Barrai, fut-il appelé à l'armée d'Italie et adjoint, à la tôte d'un corps d'ingénieurs, au service du génie, avec rang de chef de brigade •.
i. Bonaparte au Ministre de la Guerre, 24 avril 1796 (Arch. G.).
2. Bonaparte au Ministre de la Guerre, 24 avril 1796 (Arcli. G.).