‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 21 sur 622 · Bonaparte au citoyen Barrai, 21 mai 1796 (Arch. G · texte numérisé non relu

Bonaparte au citoyen Barrai, 21 mai 1796 (Arch. G

Cependant, on avait procédé à un renforcement des officiers du génie ', probablement sans amener de résultat satisfaisant.

Pour les subsistances, pas plus que pour le respect de la discipline et les renforts, les premiers efforts de Bonaparte n'eurent de succès. En vain l'ardent Chauvet, qu'il avait su placer à la tète des services administratifs de l'armée, en vain le représentant Saliceti, pressaient-ils les employés et les fournisseurs; l'un devait succomber à la tâcbe, l'autre y renoncer, et l'armée continua à se débattre dans la plus douloureuse nécessité. La crise ne fut jamais aussi aiguë que dans les jours qui précédèrent immédiatement et suivirent l'arrivée de Bonaparte. Elle allait toujours s'aggravant. C'était pure illusion chez Saliceti, de croire qu'à force de peines il avait pu se procurer quelques ressources en argent et que les subsistances étaient assurées pour un mois *. Un avenir prochain allait démentir ces prévisions optimistes. Ce n'est qu'un mois plus tard, et une fois parvenu dans les plaines fécondes de la Lombardie, que Bonaparte pouvait écrire : « Tout engraisse; le soldat ne mange que du pain de Gonesse, bonne viande et en quantité, bon vin, etc. ^ » Le 3 avril, il n'y avait plus à Ormea, pour toute la division Sérurier, que 75 quintaux de blé ou de farine''; le lendemain Berthier prescrivait l'envoi immédiat à Ormea de 2,500 quintaux de blé; 100,000 quintaux de biscuit, 300,000 rations d'eau-de-vie et accordait 200 mulets pour les transporter =. Mais c'était un ordre plus facile à donner qu'à exécuter, tant était grande l'indigence en moyens de transport. Il fallait vingt jours pour faire venir des provisions de Nice, en raison de la pénurie des charrois *. Les 6 et 7 avril, Sérurier se plaignait de nouveau que ses troupes n'eussentqu'une demi-ration de pain, et rappelait la disette de fourrages et l'absence de viande fraîche ' . On manquait de couvertures, de draps, de marmites; le 8, sa division était encore réduite à la demi-ration *. Mais les vents contraires, et les croisières anglaises continuaient à retenir en rade de Villefranche les bâtiments chargés de vin et d'eaude-vie qui étaient partis de Nice depuis le 2 avril ".

Une semaine entière s'écoula et huit jours après ils n'étaient pas encore à destination. En outre, quatre tartanes chargées de

-1. Ministre Guerre à Bonaparte, 28 avril 1796. Nouvelle organisation du génie.

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