G"' Gaultier à Bonaparte, 10 avril 1796 (Arch. G
blé, de farine et de vin. furent capturées par les bàliments anglais'.
• La détresse était encore pins grande à la division Garnier, postée dans l'aride vallée de la Roja, où les transports à travers des montagnes ardues présentaient d'insurmontables difficultés. Le 7 avril, sa situation au point de vue des subsistances était des plus alarmantes, et il fallait y parer par des mesures extraordinaires *. Grâce à la bonne volonté de tous, on parvint « à faire passer à temps des vivres » à ces malbeureux ^ mais il n'était que temps. La division Garnier n'était pas plus riche en chaussures que la division Augcreau, et elle faisait entendre des plaintes incessantes. Garnier n'avait que 2,000 h., mais entièrement pieds nus ; le 2 mai, on lui envoyait 600 souliers ; il en aurait fallu 1,200 au moins*. Cette misère si générale étaitelle duc uniquement à l'incurie et aux prévarications des employés civils de l'administration et des entrepreneurs des divers services? Il est certain que, chez les uns et les autres on constata des fautes graves*. Dans le mémoire précité de Tex-dépuié Reboul, daté de Gènes, il est dit que « les abus, les dilapidations ne sont pas partiels ; le mal est général, il est érigé en système, il est en pleine organisation... La masse des employés y est dirigée vers un but unique, celui de s'enrichir à quelque prix que ce fût. Son dogme fondamental est qu'<7 faut faire sa fortune dans six mois... Aux voleurs joa?- inclination se sont joints les voleurs j9rtr besoin. »Chauvet, fit arrêter tous les employés et vérifier les comptes. Plusieurs employés soupçonnés de malversations ou de négligence, furent destitués et emprisonnés". Bonaparte tonna contre les fournisseurs, moyen sûr de conquérir la popularité de l'armée '.
1. Humbert, command' place de Monaco, au g»' Gaultier; g«' Gaultier à Berthier, J" mai nOC (Arcli. G.).
2. G"' Gaultier JiAubernon, commiss" oi'donn'' des guerres, 8 avril 1790 (Arch. G.).