‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 214 sur 622 · C Iliistow, p · texte numérisé non relu

C Iliistow, p

3. Peut être plus taid, une fois l'erreur reconnue, n'osa-t-on rien dire. Il ne faut pas perdre de vue en elfet que Rampon était gendre de l'ex-constituant et conventionnel Rill'ard Saint-Martin, qui fut vice-président du Corps Législatif inqiérial ; en outre, il était devenu général, comte, sénateur, il était investi de la laveur du luaitre et qui aurait osé élever la voix contre lui ? Bonaparte avait-il en outre pour écarter Fornésy et le priver de sa part de récompenses quelque motif, impénétrable pour nous, demeuré secret aussi pour les contemporains ? bUaitil mécontent de ses services ? Voyait-il de mauvais reil ce rude républicain suisse, né comme il le disait lui-même, « républicain et libre et voulant mourir tel » ? Ce sont assurément des raisons i)lausiblcs lui expliquent, mais ((ui n'excusent pas l'exclusion dont il fut l'objet. Une note assez obscure du g"' Desaix (.\rcli. G.), donne peut-être la clef de l'énigme ; il y est dit que Fornésy fut « chef du vieux corps mis de côté par Duliesme ». Faut-il croire que la couduite antérieuie de Fornésy avait donné lieu ,i de graves rejiroclies?

4. D'après \es. Mémoires de Mas.tena (t. II, p. 430), RampoTi était seulement com»! temporaire de la Madonna, placé là par La Harpe pour répiimer le désoi'dre. Masséna ne croit pas d'ailleurs ([ue Uampon ait exercé le commandement en chef. 11 observe judicieusement ([ue ce n'est pas au moment d'une alfaire aussi sérieuse (pie Fornésy, réputé l'un des plus braves soldats de la Républicpie, « aurait été se démettre de son commandement pour le confier à un officier étranger à son corps, à un chef de brigade à la suite ». L'avis de Masséna, bien que n'émanant pas de lui directement, puisque ses Mémoires ont été rédigés par le g"' Koch, nous pai'ait jiéremptoire ; Koch, n'ayant écrit que d'après les notes et papiers do Masséna, rellètc doue bien la pensée intime du maréclial.

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commandement supérieur de la redoute, c'est néanmoins Fornésy, dont les soldats constituèrent dans la plus forte proportion la garnison de Monte-Legino, qui eut à résister aux premières attaques autrichiennes ; à qui par conséquent revient justement la gloire de n'avoir pas cédé au premier choc et d'avoir conservé la place qui lui était confiée malgré les forces de beaucoup supérieures aux siennes qui l'assaillirent ; et qu'une fois Rampon investi de la direction du combat, Fornésy rivalisa encore avec lui d'inébranlable solidité, d'entrain et de vaillance, et eut son cheval tué sous lui, tandis que Rampon sortit sain et sauf de cette chaude mêlée et en abusa pour se prévaloir exclusivement, à son profit et à celui de la 32% des mérites au moins égaux de Fornésy et de la 17» légère.

Pendant que se livrait ce dramatique combat, Beaulieu s'abouchait dans Voltri avec Nelson et ne tardait pas à s'apercevoir qu'il avait eu lort de fonder tout son espoir dans la participation de la flottille anglaise et d'y subordonner son plan. Il comprit que l'entente était à peu près impossible avec un allié qui ne poursuivait d'autre but que sa propre satisfaction et entendait, sans jamais rien risquer, récolter tout le bénéfice des efforts de ses coopérateurs. La désillusion était amère, mais n'était-ce pas l'exacte contrepartie de ce que le Piémont constatait en môme temps de son côté, au sujet des bénéfices qu'il retirait de l'alliance autrichienne et des sentiments peu désintéressés qui animaient la cour de Vienne? L'Angleterre rendait à l'Autriche le mécompte que celle-ci imposait au Piémont.

Le lendemain, Beaulieu allait d'ailleurs éprouver une bien autre déception, et ses yeux allaient enfin s'ouvrir à la lueur du canon de Montenottc, dont les détonations venaient retentir jusqu'à Voltri, répercutées par les échos de l'Apennin.

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