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ses flancs, ils harcelaient colonnes et convois, leur nombre s'accroissant sans cesse de tous les déserteurs et de tous les affamés *, pillant, égorgeant, commettant toutes sortes d'exactions et de brigandages, avec l'appui des « habitants de la vallée toujours prêts à nous nuire * ». Ils faisaient une véritable guerre d'extermination; quelques gendarmes dirigés contre eux n'étaient guère en état de lutter » et il fallut organiser une véritable expédition avec près de 4,000 h. et du canon, lancer une colonne mobile suivie d'un tribunal militaire ambulant.
En Provence, l'insurrection régnait en souveraine maîtresse. Rival bien minuscule de la Vendée et de la Chouannerie, le soulèvement royaliste du Midi, si peu d'importance qu'il eût en fait, entraînait des conséquences réellement néfastes. Les bandes de compagnons de Jéhu ou du Soleil, sillonnaient les grands chemins, arrêtant, pillant les diligences ; brigands plutôt qu'insurgés, ils s'attaquaient môme aux convois militaires, compromettant ainsi l'approvisionnement de l'armée et aussi l'envoi des renforts *.
Le département de Vaucluse en particulier, et une partie de celui de la Drôme, s'étaient insurgés. A Valréas, le commissaire du Directoire près l'administration municipale et deux autres fonctionnaires avaient été tués dans une émeute. On accusait de ces scènes tragiques les déserteurs et les réquisitionnaires. Des prêtres fanatisés en étaient les principaux instigateurs *. Le commandant de place d'Avignon, Rose, avait été insulté, ses épaulettcs arrachées. Aussi, devant ce déchaînement des passions politiques de ceux qui devaient être, vingt ans plus tard, les complices de Trestaillon, les Verdets de 1815, et les assassins du maréchal Rrune, les autorités ne consentaient-elles point à se dessaisir de leurs moyens d'action. Le général Puget-Rarbentane, qui venait d'être nommé commandant de la division de Marseille «, inquiet de ces fureurs, retenait près de lui la iZ^ demi-brigade et réclamait la proclamation de l'état de siège. A Tarascon, le général Tisson se
1. G-' Roguet, t. I", p. IGo. « Sur 80,000 Sardes il y a bien 20,000 Barbets. »
2. Bertliierà Clarke, 24 mars 1790 (Arcli.G.). Ils assommaient, faute d 'escorte , 3 h. et volaieut 8 cliev. à Sospel (g»' Gaultier à Bertliier. 3 mai 1796 (Arcti. G.).
3. Bonaparte à Casabianca, 18 août 1796, et Bonaparte à Bertliier, 23 août 1796. Ordre de réunir à Tende, sous le g«' Casabianca, 100 gendarmes, 3,760 fantassins, 2 canons, 1 commission militaire pour juger, etc., etc. Une colonne mobile, dirigée de Nice par le g»' Garnier, tua les deux chefs Ferrone et Contino, et dispersa les bandes sans les anéantir (Paul Gallarel, p. 69) ; le g"' Meynier faisait juger militairement les Barbets qui infestaient jusqu'aux environs de Tortone (Meynier à Berthier, 18 mai 1796) (Arcli.G.).
4. Provence, ag' milit'» du Gouv', .i Orange, au g«' Tisson, 4 avril 1796 ; g»' Barbentane à Bonaparte, 8 avril 1796 ; Berthier au g»' Tisson, 6 avril 1796 (Arch. G.).