‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 25 sur 622 · Provence au g"' Tisson, 4 avril 1796 (Arch. G · texte numérisé non relu

Provence au g"' Tisson, 4 avril 1796 (Arch. G

6. Le même qui, général en chef de l'armée des Pyrénées-Orientales avait « fait preuve d'incapacité et d'incurie » (C Fervel, t. I»', p. 108 à 110, 132 à 13S).

refusait à laisser partir les Iroupcs destinées à l'armée d'Italie ; il fallut que Berlliicr le lui enjoignît formellement, l'invitant à suppléer à l'absence de troupes régulières par des levées de gardes nationales*. ÎSicc enfin était douteux*, malgré la longue présence dans SCS murs du quartier général de l'armée, et l'on n'y attendait qu'un échec des Français pour s'insurger contre eux.

On conçoit combien était précaire et pénible, dans ces conditions, le ravitaillement de l'armée. Il est permis de dire que tout concourait à l'atTamer. Chercher à faire peser la responsabilité sur un seul service eût été inutile autant qu'injuste. Bonaparte ne pouvait y parer que par une gasconnade qui prenait si bien sur ces soldats, mobiles et vaillants. « On ne donnera des souliers qu'aux recrues », décrète-t-il un jour; personne n'en voulut plus et chacun marcha pieds nus ^.

Il ne faudrait pas croire d'ailleurs que les soldats de cette armée misérable, si mal vêtus, si peu nourris, eussent perdu quelque chose de leur ressort primitif et traînassent dans les camps une morne et piteuse existence. Loin de là, au milieu de soulîranccs et de privations innombrables, la gaîté, celte qualité si française, ne les abandonnait pas. On les voyait sous leurs pauvres abris, grelottant sous leurs haillons, ou tannés par l'ardent soleil, l'estomac vide le plus souvent, organiser des bals, des fêles et se livrer avec toute la bonne humeur de leur race, tout l'enjouement de leur âge, aux plaisirs et à toutes sortes de jeux, comme s'ils eussent vécu au sein de la plus exquise abondance. Le chef de la 32° demi-brigade, le toulousain Dupuy, mauvaise tête, mais qui « avait le cœur et les manières d'un grand seigneur * », recevait royalement dans son camp qu'il avait surnommé r« Invincible » sur le plateau, en arrière de Vado. Pour distraire ses troupiers, il imaginait à ses frais, quelques parties, quelques fêtes. Sous des tonnelles de branchages que ses soldats avaient construites, les généraux, les représentants

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