Evaluation du c' Krebs (p. 3'JO
MILLESIMO ET COSSERIA 271
au tir ennemi, ceux-ci subissent des pertes sensibles. Âugereau comprend qu'il ne peut maintenir longtemps ses troupes immo- ])iles, à découvert. Il hésite cependant, tant la nature lui paraît avoir rendu formidable cette vieille redoute. Bonaparte est là d'ailleurs, à six cents pas seulement du château ', à l'endroit dit « La Monta - ». Il est accouru au bruit de la fusillade et s'étonne de la résistance que rencontrent ses soldats. Mais il est pressé d'en finir, pressé de joindre Sérurier, pressé de retourner vers Masséna pour brusquer l'attaque sur Dego. Il s'impatiente de tout retard et entend bien ne pas perdre davantage son temps devant cette « masure' ». Il ignore du reste la force réelle de la garnison de Cosseria ; il ignore surtout qu'il n'a qu'à patienter quelques heures pour avoir raison de sa résistance par la famine. Peut-être aussi prend-il au sérieux les menaces de Colll, et il imite la faute commise le matin même par CoUi devant Sérurier. Au lieu de masquer simplement cette bicoque et de poursuivre sa route sur Montezemolo qu'il a bâte d'occuper, il s'acharne, sans toutefois rester inactif comme Colll, à emporter de Jiaute lutle une position que la disette lui livrera, ne pouvant se résoudre à renoncer à une capture assurée. Peu ménager d'ailleurs, comme toujours, du sang de ses soldats, il donne à Augereau, qui attendait, l'ordre positif d'attaquer*. L'entreprise était « scabreuse », il le reconnaissait; et il « balança longtemps = «, mais la fièvre d'impatience qui le rongeait lui fit négliger toute considération, et fût-ce à coup de cadavres, il lui fallait, coule que coûte, s'emparer avant la fin du jour de cette motte de terre où s'obstinait un valeureux soldat.
Cependant avant d'ordonner l'assaut, il fait sommer les défenseurs de Cosseria par le général Banel d'avoir à se rendre: «Vous êtes cernés, toute résistance est inutile » leur fait-il dire. Le vieux Provcra, qui ne s'apercevait que trop de la situation désespérée de sa petite troupe, dépourvue de vivres et de munitions, entourée de toutes parts, semble disposé à accepter ces ouver-