BerUlier au g«i Tisson, 6 avril 1796 (Aroli. G
2. Le 28 avril nOG.le g»i Gaultier recevant les trophées apportés par Junot elle frère de Bonaparte, Joseph, écrivait à Bcrtliier, qu'il les ferait placer pour quelques heures au balcon des représentants pour que les « JSissarJs )> pussent se convaincre de la réalité de leur défaite {Arch. G.).
3. Mémoires de M'°« de Rémusat, t. I«', i. G'iRoguet, t. I«',p.l5o.
du peuple se renconlraicnt avec les prêtres de la région; les plus jolies femmes de la meilleure société de Savone ne dédaignaient pas de se rendre aux invitations du galant colonel- L'une d'elles môme, conçut pour lui un attachement vif et durable. Elle venait souvent le voir au camp. Un jour, un vent violent souleva indiscrètement les piquets de la tente qui les couvrait et les soldats de rire delà mésaventure de leur chef, en baptisant le camp du nom de « l'Amour, toujours Invincible ' ! ».
Il ne fallait qu'un chef pour galvaniser ces hommes si pauvrement traités, pour qui la victoire s'était montrée jusqu'alors une si sévère marâtre. Animés des plus nobles instincts, mais trop souvent aux prises avec les plus vils besoins, avec l'implacable nécessité, on les vit allier parfois les plus fiers sentiments aux plus basses préoccupations de l'humanité et se montrer aussi épris de richesse que de gloire, aussi avides que généreux, aussi turbulents que braves, mal contenus qu'ils étaient par les liens dune obéissance trop relâchée. Pour faire saillir leurs précieuses qualités guerrières, il ne fallait que le frein indispensable dune stricte discipline. Le chef qui, après avoir dépeint le dénuement de l'armée, énuméré ses besoins, exposé les difficultés énormes qu'il rencontrait, ajoutait, loin de se décourager : « Malgré tout cela, nous irons * !« et qui, abordant à peine la lamentable période des préparatifs, ne craignait pas de prophétiser déjà : (' J'irai sous peu vigoureusement. J'espère qu'avant la fin du mois il y aura plus de dix mille chapeaux de reste chez l'ennemi ^I » ce chef n'était-il pas l'homme vraiment prédestiné à cette armée engourdie, le guide idéal pour ces soldats exaspérés d'efforts stériles et d' «offensives tronquées* », qui n'attendaient qu'un cri de Haut les cœurs! pour prendre leur élan et tout renverser à leur choc?
Les historiens qui n'ont vu dans la campagne de 1796, chez les soldats que la satisfaction de leurs goûts de pillage et chez le chef qu'une œuvre de charlatanisme prémédité, n'ont fait que rapetisser tout, hommes et choses, sans les comprendre. Ils n'ont écouté, comme jadis Suétone, que les échos des commérages du Forum; ils ont faussé l'histoire en ne voulant considérer les grands événements que sous leurs petits aspects. Qu'au début la masse des soldats ait cherché avant tout la jouissance matérielle immédiate, sous sa forme la plus brutale et la plus cynique, ce n'est
i. G»' r.ognet : Mémoires, t. I", p. in2 à 158.