‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 258 sur 622 · G'i Pinelli, p · texte numérisé non relu

G'i Pinelli, p

nance (la gniiéral et les officiers de santé partagent le sort dos orticiers et se relironl libres dans leurs foyers. Mais il maintient que les autres bas officiers et les soldats seront prisonniers do guerre et conduits en France, après avoir défilé à Carcare devant le quartier général français'. Il exige cette fois une réponse surle-champ. Provera s'incline sans mot dire et appose sa signature près de celle d'Augereau, au bas de la fatale capitulation. C'est en somme pour ce brave soldat un réel hommage rendu par l'adversaire ù sa valeur et à celle de ses grenadiers.

Avant de quitter pour jamais ces murs si vaillamment défendus les grenadiers voulurent rendre les derniers devoirs au colonel Filippo del Carretto, et tout en larmes, ils ensevelirent ses restes sur ces mêmes remparts où il était mort en héros *.

La petite troupe sortit alors de Cosseria, en ordre et en armes, fière et résolue, et marcha jusque Carcare où, après avoir défilé devant le général en chef, elle déposa ses fusils et se rendit prisonnière ^.

Bonaparte, mécontent tout d'abord de ce qu'Augereau eût enfreint ses insiruclions formelles et accordé de trop favorables conditions à Provera, reçut assez mal les officiers prisonniers, les rudoya même, leur reprochant leur trop longue défense. Il finit par s'adoucir, revint à des sentiments plus justes elles autorisa à rentrer dans leurs familles *.

Ainsi se termina celte défense de Cosseria qui fait le plus grand honneur à Del Carretto, à Provera, aux grenadiers piémontais et

1. Le texte de la première sommation faite dans la mntinée et la réponse de Provera; celui de la seconde soinniation faite <à H h. jiar Banel ot la rOponse de Provera à 2 li ; le texte de la proposition de Provera à 7 li. du soir, le 13 avril, et de la réponse d'Augereau le 14 avril, à 6 li. du matin; de la deniicrc demande de Provera à 7 h. 3/4, et la dernière réponse d'Augereau à 8 h. 1/4, se trouvent en copie aux Aroliives de la Guerre^ et ont été reproduits dans la pièce 147, de la Correspondance de Napoléon, t. I"', p. 140.

2. G"' Piiielli, 1. 1", p. 631 et t. II, p. 17. Le corps du c' Del Carretto fut transporte plus tard dans son tombeau do famille. Quand Napoléon vint à Milan ceindre la couronne de fer des rois Lombards, le g'i autricliien Birago, qui était lieutenant au 3» bataillon de grenadiers à Cosseria, lui présenta la manpiise Del Carretto, restée veuve avec un fils; Bonaparte lui accorda une pension considérable.

3. Il y eut 19 officiers piémontais faits prisonniers, dont Pinelli donne la liste, p. 632, note 1. D'après un état de prisonniers, signé par Bertbier, le 14 avril, il y aurait eu 37 officiers et 1,100 soldats; c'est ii peu près le cliillre des défenseurs de Cosseria, Sardes et Croates compris ; le c' Krebs pense qu'on y a compris aussi les prisonniers du régiment de Belgiojoso; c'est peu probable. Le c' Krebs a d'ailleurs trouvé aux arcliives de Breil, pièce 307, un état des officiers renvoyés en Lombardie sur leur jiarole; il y a 22 officiers autricbiens, y compris Provera, et 18 piémontais, plus 2 cadets, et 15 sous-officiers croates ou sardes (p. 390, note 5).

4. G«' Pinelli, p. 631. Les officiers qui voulaient retourner au Piémont y rentrèrent par le col de Tende, après avoir été à Finale, Oneille et Nice, ceux qui voulurcntaller en Lombardie purent s'embarquer à Savone pour Gènes. Quant aux soldats, après avoir été passés en revue par un commissaire des guerres il Carrare, ils furent acheminés sous escorte, sur Nice, enfermés pour la nuit dans les églises, en suivant la cote. Ordre à l'adj' g»' Vial, 14 avril (Arch. G.).

MILLESIMO ET COSSERIÂ 281

croates. Elle supportcle parallèle avec le fait d'armes de Blonle- Legino et aurait eu la même fortune si Colli, moins intimidé, lut accouru, comme le fit Bonaparte au secours de Fornésy. 11 eût, sinon battu les Français, du moins préservé de la capitulation un collègue estimable et les grenadiers qui, en exécutant ses ordres, s'étaient enfournés dans ce vieux cbàteau'. Cette résistance vigoureuse eut pour effet de retarder la marche d'Augereau et l'occupation deMontezemolo, en même temps qu'elle contraignait Bonaparte, qui ne se savait pas tenu en échec par des forces si insignifiantes, à différer d'un jour l'attaque sur Dego queMasséna devait exécuter le même jour où Augereau s'emparait de Millcsimo -.

Bonaparte avait au reste payé bien cher un succès tout relatif, pour un résultat qu'avec quelque patience il eût acquis à meilleur compte. L'importance du but à atteindre n"excase pas la précipitation meurtrière qu'il y apporta. Si les Autrichiens et les Piémontais ne perdirent, pendant ce siège, que loO morts*, les pertes des Français s'élevèrent, d'après les évaluations les plus modérées, à plus de GOO h. et atteignirent, même vraisemblablement, le chiffre d'un millier de tués ou blessés \ dont un général et deux officiers supérieurs, Banel, Quenin et Riondet.

1. Tout en rendant |ileine justice à Provci'a et en s'associant aux regrets exprimés par le p. Piunia (p. 24) « qu'un officier aussi distingué n'ait pas été avancé dans sa carrièi'e militaire, comme il eût dû l'être », il convient de ne pas exalter outre mesure l'exidoit de Cosseria, pas plus que celui de ]\lontc-Lcgino. C'est verser dans une singulière exagération ([ue d'écrire comme le fait le p. Piuma (p. 23) que durant deux jours entiers, Provera « soutint et repoussa les assauts répétés que Bonaparte iit donner avec fureur au vieux château ». « Il déploya une valeur et une intiépidité vraiment merveilleuses », rendues plus sensibles encore par l'abaissement du carai'tére chez Argenteau et chez Colli, et c'est suflisant pour sa gloire, sans donner à son acte des proportions inutiles autant que mensongères.

2. Marmont (t. I", p. 158 à 160), commet une singulière confusion entre les divers é|iisodes de cette action, qu'il ))lace au 15 avril, au moment où se produisait l'attaque de Wukassoviidi sur Dego, et pourtant il assure qu'il était ce jour-là près d'Augereau et assista à l'assaut de Cosseria. Ses réflexions sur l'inci-fie de Colli et le danger que faisait courir à l'armée la prolongation du séjour dans la régiou sont, par contre, pleines de justesse.

3. G"i Pinelli, p. 631, « Morirono degli alleati 150 ». C riiistox\', p. 78. Ils eurent 3 officiers tués, le c' de! Carretto, le capit"» Hubin et un capitaine croate, et un officier blessé, le capit"» Martonilz. |jeca[iit"» Corte fut également blessé.

4. Le c' Uûstow les estime à 600 h. au moins et le g»' Pinelli dit un millier; c'est aussi le chiffre d'Abcl Hugo, Adrien Pascal ; le g"i Jomini dit « près de 1,000 h. en moins dun c|uart d'heure », p 17 ; (piant à Bonaparte, ni dans son rapport au Directoire, ni dans le récit de Sainte-Hélène, il ne cite pas de cliill'ros et emmêle si bien les combats de .Millesimo et de Dego, qu'on ne saurait faire la part de chacun d'eus dans le total final.

Le total de GOO h. paraît dirisoirement faible si l'on se reporte à l'affirmation de Martinet qu'il y eut 300 morts et 600 blessés en un quart d'heure, et le c' Kiebs qui (p. 392, note 5), iiaraît accepter ce chiffre donné pai' le lient' Costa et le coni"' de Malausséna nous semble bien au-dessous de la vérité. Si l'on considère que la 18» demi-brigade, alors 60", â elle seule, compte 9 officiers frappés, 107 h. tués et 206 blessés (Historique ; .\rch. G.), que l'on ne possède pas l'IIistorique de l'ancienne 51», qui, au dire

Après la capitulation, la 4" légère (alors 8°) vint occuper le château de Cosseria, mais dès 10 heures du matin, elle en sortait pour concourir avec le général Ménard à refouler les Austro- Sardes du colonel Bellegarde et du régiment de Bclgiojoso qui tentaient de percer notre centre, afin de dissinuiler sans doute la retraite de Colli. La brigade Dommartin, descendue de Monte- Freddo, vint se souder à la gauche delà brigade Ménard et leurs 2,500 h. n'eurent pas de peine à repousser les 1,200 à 1,S00 Autrichiens éparpillés sur la crête des collines entre les deux Bormida, ramassant 4 ou 500 prisonniers'. A 2 heures de l'aprèsmidi, ces bataillons reculaient de la Rochetta di Cengio, de Carretto et de Santa-Giulia, sur Saliceto, Monesiglia et Scalelta^.

Bien qu'il eût ainsi pris contact avec l'arrière-garde de Colli, Augereau ne put ce jour-là le poursuivre « l'épée dans les reins * » sur Montezemolo. Il dut se borner à escarmoucher près des villages de Rocca Vignale et Cengio, qui commandent l'accès de la route et des hauteurs, tandis que Beyrand occupait Millesimo et Joubert, Biestro.

D'ailleurs, il lui fallut portera l'attaque de Dego qu'entrepre-

du c' KicIjs, est le corps qui a le plus soutl'eit, étant tôte de colonne du g»' Banol, et que l'on ignore ainsi ses pertes; que Vllhlorique de la 11« légère, alors 3", ([ui se trouve aux Archives de la Guerre, où le c' Krebs ne paraît pas l'avoir connu, est muet sur le détail des pertes en sous-officiers et soldats, (|u'il évalue à 150 h., mais porte i ollifiicrs tués et 2 blessés, ce qui indique en jiroportion un nombre considérable d'hommes atteints par le feu ennemi, et qu'enfin la 4°, alors 39% a eu 3 officiers blessés, 12 h. tués et 17 blessés, on penchera à admettre que le total de 1,000 h. tués ou blessés n'a rien d'invraisemblable.

Signalons en passant que le g-'' Pcllcport, bien jjcu au courant décidément de ce qui se passait dans son régiment dont il apiielle le chef Rondeau au lieu de lUondet, affirme (t. I, p. 40), que la 18» n'eut que 200 h. hors de combat, ce qui est inexact et formellement contredit par Vllistorique du corps, cité plus haut, qui fixe à plus de 300 h. le cliillrc despei'tcs.

En outre du g»' Banel, de l'adj' g"' Quenin, du chef de demi-brigade Riondet, les officiels dont les noms suivent avaient été atteints :

H« légère (3=), 4 tués : lient' Guiliochon ; sous-lieut' Creuston, Girard, Léonardi; serg, Mége. 2 blessés: capit"» Carrure (par -jne pierre à la tète qu'amortit son casque), lient' MaTciat.

18' demi-brigade (09=), 2 tués : chef de brigade Riondet. adj'-major Gérome, 1 blessés : capit"»' Rey, Chariot, Gallet, Florent ; lient' Saint-Orens, "Vitte ; souslieui' Fasse qui se distingua particulièiemcnt. Le serg' Duval, le cap*' Sabattier moururent en chantant : Je meurs pour la l'alrie. .,

4'' demi-brigade (39«), 3 blessés : chefs' de bat»» Serre, Arnaud ; sous-lieut' Belbcze.

D'après André Folliet (p. 167, 169 et 187), le lieut' Fatoux, de la 18% aurait été tué ; l'Historique ne le nomme i)as, à moins que ce ue soit le sous-lieut' Fasse, porté comme blessé.

Le capit"» Rey (Joseph-.\lexis) était né à Aix-les-Baius, en 1734, et avait servi vingt ans dans Kouergue et Royal-Italien; le lient' Fatoux (.loseph) était né à Montmélian, en 1776. Le caiiit"' Gallet fut tué à Wagram en 1809, étant colonel du 9« de ligne.

Page 1