G"' Pinelli. d
Argentcaii aui'ait pu du moins, puisqu'il se résignait à obéir en occupant Dego, y tirer meilleur parti des forces respectables qui se trouvaient sous ses ordres. Il n'en fit rien et s'appliqua au contraire à disperser ses dernières ressources sur un long cordon et sans liaison parfois entre ses diverses unités. C'est ainsi qu'à Dego môme où il était visible que les Français porteraient leur principal ell'oi't, il ne plaça en sus des deux bataillons de Nesslinger, des débi'is de Rukavina, défaits à Montenotte, et de deux compagnies de Gyulai, que le balaillon de Wilhem Schrôder qui n'en avait pas bougé, et les deux régiments piémontais de la Marine et de Montferrat • arrivés le 1:2. Encore un bataillon de Montferrat ne rejoignit-il que dans la matinée du 14 -, avec le bataillon de ïeufscbmeister cantonné à Spigno.
D'après la singulière dislocation de ses troupes ^, il n'avait à Dego que l'effectif de quatre bataillons, alors qu'il en immobilisait inutilement quatre à Sassello avec Lezeny, pour maintenir le lien avec Beaulieu que deux bataillons eussent sufli à assurer, et qu'il retenait 900 h. auprès de lui à Pareto. Que faisaient les deux bataillons postés à Mioglio, celui placé à Malvicino, les trois bataillons laissés à Montaldo * sur la route de Spigno, à 10 ou 12 kilomètres de Dego, et surtout celui, oublié sans doute, à Acqui, à 23 kilomètres, où la présence de Beaulieu avec le gros de ses forces le l'endait tout à fait inutile? ^ Mais pour juger de la bonne répartition des troupes, il aurait fallu être sur les lieux mêmes et Argenteau se confinait dans sou quartier général, à Pareto.
Malgré cet éparpillement incompréhensible, il y avait à Dego une masse d'environ 4,000 h. *^. Le commandement en était confié par Rukavina, que sa blessure contraignit de partir le 13, au plus ancien colonel des régiments piémontais, le comte Avogadro di
1. D'après le p. Piuma qui était, rlit-il, à Dego, il y aurait eu en outre un bataillon de Pelleij'rini, un bataillon de Stein, une compagnie d'artillerie autrichienne; il arrive au même total de 3,600 à 3,700 h., mais il place l'action du 14 avril au 12, et commet de nombi'cuscs erreurs (p. 28).
2. C Krebs, p. 394, noie 3; d'après la pièce 303 des Arch. de Breil.
3. Enumérée par Pinelli, p. 633 et 634; Riistow, p. 78 et 79; Jomini, p. 78.
4. Ce lieu est appelé aussi Monte-Alto ou .Montalto. y. G"' Pinelli. p. 633.
6. 4,300 11., c' Riistow, p. 78; 3 à 4,000 h., c' Krebs, p. 397; le p. Piuma, p. 28; capit°« J.-C., p. 94; Landrieux dit 4,700 h., p. 49.
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Valdcngo*, colonel du régiment de la Marine, auquel il laissait son aide de camp et un lieutenant-colonel d'artillerie autricliienne envoyé par Argenteau.
Le village de Dego était d'ailleurs, par sa seule position, un point de première importance qui en faisait la clef du champ de bataille. C'était alors un assez gros bourg de 300 maisons, comptant 1,730 habitants. Bâti en partie sur une hauteur escarpée qui domine la Bormida orientale, en parlie sur ses bords et sur le penchant des hautes collines qui font face à Sopravia sur l'autre rive, Dego est traversé par la route de Savone à Acqui. C'est une route mal pavée de larges dalles rompues par le temps, souvent fangeuse, bordée en maints endroits de précipices et de pentes très raidcsqui en rendent l'accès difficile aux convois et à l'artillerie *. Le pays d'alentour, coupé de profonds ravins issus de divers bras ou affluents de la Bormida et de l'Erro, a ses points culminants à Sopra Via, au castello de Dego et à Magliani^ d'où l'on surveille toutes les voies qui y aboutissent '. La plus grande partie du village, difficile d'accès en i-aison de la hauteur de Sopra Via, est sur la rive gauche de la rivière Bormida, dont elle porte le nom ; l'autre parlie, la plus forlitiée par la nature, est sur la rive droite, mais ce n'est guère que des maisons éparses jusqu'à la cime du coteau qu'abrite un ravin profond, sur le front et sur le flanc gauche.
La position militaire de Dego*, à cheval sur les deux rives de la Bormida, commandant le cours de la rivière et la route, a toujours présenté une telle importance que son nom apparaît fréquemment dans les innombrables guerres dont cette région fut le théâtre. Le maréchal de Créqui en lG2o, le maréchal de Maillebois en 1745, l'avaient occupée. Plus récemment, le âl septembre 1794, les Autrichiens de Wallis y avaient soutenu un vif combat contre les Français du général Dumerbion, dont Bonaparte commandait l'artillerie. En 1793, l'armée de Dewins avait séjourné quinze jours sur le territoire de Dego, y commettant de nombreuses déprédations, détruisant les récoltes, brûlant les vignes, foulant les moissons, puis quelque temps après, en novembre, cette même armée, vaincue à Loano, avait de nouveau traversé le pays, en retraite sur Alexandrie ^
i. Le c' Krcbs l'appelle Avogrado.
2. Sa largeur était de 4 mèties. Uécit du lieut' Bentabolc, ingénieur-géograplie; redise sur les lieux, le l" mai ISOo (Arcli. G., carton 14).