Tableau joint au récit de Beutabole [Arch. G
la certitude qu'il avait de la capitulation de Provcra pour le lendemain et la présomption que Colii persisterait dans son immobilité.
Le 13, au soir, rentré à son quartier général de Carcare, il prend ses dispositions pour que l'attaque ne soit plus ditTérée et que Masséna ait sous ses ordres toutes les troupes disponibles à ce moment. A celles de la division Meynier ', il adjoint la division La Harpe qui se portera sur la droite de Dego, tandis que Masséna partira deLaRocbetta; le général Dommartin, avec deux bataillons de la 25« (alors 84") appuiera le mouvement de Masséna. Augereau détacbera Tune de ses demi-brigades, ainsi que nous l'avons vu, et la brigade Ménardferade môme en marcbant sur Cairo *. Enfin Stengel est accouru à Carcare avec 400 cavaliers du 22» cbasseurs, 7" hussards et o" dragons ^ qui marcberont avec les colonnes d'infanterie. C'est un efïectif d'environ 8 à 10,000 b., bien supérieur à celui de l'ennemi qui, on l'a vu, n'a pas plus de 4,000 b. autour de Dego et ne peut compter sur plus de 3,500 b. de renforts, s'ils parviennent à rejoindre avant la bataille ^
Toutefois, La Harpe laisse une demi-brigade en observation vers Sassello ^.
11 est àpeu près 9 beures du matin quand Masséna a terminé sa concentration près de La Rocbetta, à quatre mille pas de Dego et que la division La Harpe déboucbe sur Cairo et s'avance laissant son cbef en train de conférer avec Bonaparte ^ « Il faut ce soir que nous coucbions à Dego », a dit Bonaparte à Masséna, et son habile lieutenant a compris l'importance de la recommandation '.
1. Rïistow (p. 78) dit que Masséna avait sa division et trois dcmi-lnigadcs de La Harpe; Masséna ne commandait pas à une division propre; sou commandement s'étendait aux deux divisions d'avant-garde, Meynier et La Harpe, et il marchait ce joui-La avec la première.
2. Ordres à Masséna, La Harpe, Augereau, Ménard et Joubert, 14 avril 179G (Arch. G.).
3. Les numéros de régiments 22» chasseurs, 7° hussards et IS» dragons, sont donnés dans les Campagnes d'Italie. Mais il faut lire H» draiions, les lettres du clicf d'escadron Trou))le (Arcïi. G.) mentionnent sa paiticipation à Dego; quant au 7» hussards, d'après son Historique {Arch. G.), il était encore à Oneille le 14 avril; aussi c'est peut-être le 25« chasseurs qui était avec le 22".
4. Le c' Krebs (p. 397, note 1) relève les' effectifs donnés par l'état de situation du 10 avril et arrive au total de 10,610 h.; mais il convient de déduire les pertes des 32«. 51% 75», 17» légère, dans les affaires antérieures, aussi estime-t-il à 8 ou 9,000 h. l'effectif des divisions Meynier et La Haipe. Le capil"» J.-C. (p. 94; 7"' des S" M"', avril 1897) exagère en portant à 15 ou 18,000 h., l'etfeotif français qu'il suppose quadiuple de celui des Austro-Sardes. Bentabole dit cependant aussi 1S,000 h.
5. G' Piiistow, p. 79. Il semble d'après l'état de situation du 9 avril, que La Harpe n'eût en fait avec lui que trois de ses demi-brigades, la quatrième, 22» légère (alors 16«), n'étant pas arrivée, et ne pouvant par conséquent être placée en observation.
6. Bonaparte à La Harpe, 17 avril: " Je vous prie de rester un i)eu en arrière de \os troupes pour que je ]iuisse vous voir à Cairo d'ici une demi-heure. » (Arch. G.)
7. Ordre à Masséna, du 14 aviil 1790 (Ilegistre du chef d'état-major, A-07, 18;
Un temps d'arrêt marque cependant le début des opérations. La division La Harpe devait descendre, depuis Cairo jusque Dego, la rive gauche de la Bormida, tandis que Masséna marcherait par la rive droite. Avant de donner le signal, Masséna attend donc à La Roche tta que La Harpe soit parvenu à sa hauteur. Mais le chemin de la rive gauche est mauvais, resserré entre la rivière et des montagnes à pic. Les troupes ne peuvent le suivre qu'en colonnes serrées sans pouvoir se déployer et elles vont offrir une proie facile à la mitraille autrichienne. Bonaparte, qui de Carcare surveille le mouvement, s'aperçoit de la lenteur de La Harpe; il se rend compte des dilficultés et des dangers de cette marche. Il accourt en avant de Cairo pour presser Masséna d'avancer et d'appuyer à droite afin de laisser la route libre à La Harpe qu'il rappelle de la rive gauche. Protégée par un coude de la rivière, une brigade de La Harpe traverse la Bormida en dessous de Vignarolo, sur le pont jeté au nord du ruisseau de Vadermo, pour agir sur la rive droite, à la gauche de la division Meynier. L'unique demi-brigade, demeurée sur la rive gauche, concourut à Santa-Giulia, avec la demi-brigade détachée d'Augereau, à couper la retraite à la garnison de Dego '.
Ces à-coups ont fortement ralenti l'attaque et il est près de 4 heure de l'après-midi *, quand les colonnes s'apprêtent à marcher.
A ce moment, accourut un officier de l'état-major d'Augereau qui annonça la capitulation de Cosseria*. Cette nouvelle, lue
1 . Il n'est fuit aucune mention de ce mouvement malencontreux dans aucun auteur, ni dans Masséna, ni dans l'ouvrage si exact et si complet du c' Krebs, ni bien entendu dans les rapports officiels de Bonaparte ou les récits dictés à Sainte-Hélène. Il est cependant décrit dans l'ouvrage du c' Riistow (p. 79) avec une grande précision de, détails (pii ne font guère douter de sa réalité, d'autant plus que le c' Rûstow a puisé ses documents aux meilleures sources autrichiennes. 11 est facile à concevoir que ni Bonaparte, ni Masséna, ne se soient vantés de cette fausse manœuvre, et qu'ils l'aient au contraire dissimulée de leur mieux. Ce récit semble toutefois en contradiction, avec les faits, puisqu'il est avéré que La Harpe longea la rive gauche jusqu'au delà de Deu-o où il passa à gué la Bormida.
2. Midi environ, d'après le c' Krebs, puisqu'il indique l'arrivée de Rondeau au bric Sodan, à 1 h.; 1 h. 1/2 d'apros lliistow; vers 2 li. d'après Bentabole etMassônai; nous iircnons un moyen terme. Le ]i. Piuina dit bien (p. 27) (pie vers 10 h., il aperçut de Dego l'ennemi dans le lointain et qu'à cette vue Rukavina s'éloigna; mais outre (|uc Piuma a pu voir les Français en bataille h 10 h. sans (pie l'attaque ait eu lieu aussii(it, la véracité de cet auteur est trop suspecte pour qu'on accueille scn témoignage.