Récit de Bentabole (Aich. G
5. Gircnlaire aux généraux divisionnaires et au commissaire-ordonnateur en clief, ordonnant de remettre dans les vingt-quatre heures à Gairo au commissaire Boinod les chevaux et mulets ; on paierait un louis par cheval, de Carcare, 1?) avril {Arch. G.). — Galeazzini, destitué du temps d'Aubry, était appuyé par Saliceti qui affirmait qu'il s'était toujours conduit avec bravoure et intelligence (Saliceti à Garnot, de Carcare. lo avril. Arch. G.). Sur l'ad.j. g"i Pierre Galeazzini, né à Bastia, le 20 mars 1763, voir Arthur Chuquet : Napoléon, t. II, p. 83 et 302. ,
distributions '. Enfin, la lassitude des hommes aidant, Massénaet Monnier parvinrent à mettre un terme à ces désordres, qui durèrent plus de deux heures après le coucher du soleil*.
Mais toutes ces taches disparaissaient dans la splendeur rayonnante de l'astre nouveau qui sélevait, et c'est en lisant le bulletin fulgurant de ces victoires de Bonaparte, que le généreux Hoche, si peu jaloux des succès de son émule, lui adressait, en termes chaleureux, « le témoignage de la joie vive et pure que vos éclatants succès ont produite en nos cœurs », et qu'il regrettait de ne pouvoir a rivaliser que de zèle avec le héros d'Italie* ».
Tout disparaissait, même les échecs, même les fautes, dans l'enflure voulue des bulletins de Bonaparte, dans la prose sonore et redondante dont il revêtait le récit de ses moindres actions. Lo charme était rompu pour ses soldats trop habitués à la défaite; un autre charme, invincible, allait s'emparer d'eux, et ils le subirent sans restrictions, sans repos, jusqu'à l'effondrement de leur idole.
D'ailleurs si son armée de sauvages et de faméliques se plongeait ainsi dans l'ivresse et dans toutes les horreurs du pillage, lui, veillait, aussi sobre que ses ti'oupes l'étaient peu, aussi sévère pour lui que tolérant, même trop indulgent pour d'autres. On assure que le soir de la prise de Dego, alors que Masséna aurait cédé aux entraînements des sens et se serait oublié à passer la nuit près de la belle captive que le sort des combats lui avait livrée*, Bonaparte se serait vu présenter à Cairo une autre jeune prisonnière connue d'un des officiers qui venaient d'être vaincus. « Elle était à la fleur de l'âge et d'une beauté rare, qu'une vive émotion rendait encore plus séduisante. Dans le premier moment, le regard de Bonaparte étincela d'une admiration subite; un otù allait s'échapper de ses lèvres, mais il se contint, et retenant autour de