Récit de Bentaljolc (Arcli. G
3. Corn"' Cunéo d'Ornano : Hoche; sa vie, sri correspondance, p. 270; lettres à Bonaparte et au Directoire, du !<"• mai 1796 (2 floréal an IV).
4. G"i (le Ségur : Mémoires, t. I", 213. - On sait que Ségur reçut les confidences de Joséphine qui tenait sans doute cette anecdote de Bonaparte lui-nit'itne. Il s'est plu assurément à embellir son rôle dans cette aventure. Mais on verra j)lus tard par l'austérité de mœurs dont il fit preuve à Milan, qu'il était parfaitement homme à commander à ses passions, quand son intérêt ou celui de son armée l'exigeait; n'eùt-il pas eu alors d'autre raison que sa passion réelle pour cette Joséphine, moqueuse et fripée, qui le laille et le baloue.
lui ses officiers, il accueillit la jeune femme avec une dignité calme, la rassura et la flt reconduire aux avant-postes, où elle fut rendue à l'officier qu'elle accompagnait'. »
C'est qu'il aime sa Joséphine ; il a le cœur plein de son image. Une telle continence, en réalité, ne lui coûtait rien, Mais s'il triomphait de sa juvénile ardeur, c'est aussi que la politique lui imposait la nécessité de ce contraste avec ses généraux; tant il savait dominer à propos ses passions et la révolte des sens; tant il sentait le poids de l'immense responsahilité qui pèserait sur lui, s'il s'abandonnait, comme tant d'autres, à des excès que ses officiers et ses soldats guettaient pour mieux les copier!
Bonaparte veille donc, et soit qu'il eût eu vent de la présence dansles environs d'une troupe autrichienne encore organisée, soit simple et instinctive méfiance, il prévoyait une attaque, et faisait part à Masséna de son impression. Il lui conseillait de s'éclairer. En môme temps il chargeait le général Despinoy, qui venait d'arriver au quartier général, de faire une tournée d'inspection dans Dego. Puis, comme s'il s'attendait à la nécessité d'avoir à rappeler à son aide sur Dego La Harpe et la hrigade Victor, il laissait l'un àRochetta, l'autre sur les hauteurs de Mori, les avertissant qu'ils eussent à accourir au signal du canon ^. La veille, il ne doutait pas que Beaulieu fût désormais hors de cause ; le 15 au soir, hien qu'il eût perdu cette journée, bien que le besoin s'imposât avec plus d'acuité, d'accourir au plus tôt sur Ceva où Sérurier, se conformant à ses instructions, va déboucher presque seul, il n'a plus sa robuste confiance. Il redoute un autre Wukassovicli, multiplie les précautions et préfère s'attarder encore la journée du 16 avril, autour de Dego, plutôt que de s'exposer à s'y voir rappelé par une nouvelle attaque de Beaulieu. Luxe inutile de mesures, mais précaution prudente et sage et qui, adoptée la veille, eût évité bien des pertes !