Bonaparte à Joubert, 14 avril (Arch. G
CEVA ET SÂN-MICUELE. 327
Les faibles démonstrations de Sérnricr, jointes au vif combat livré par Riisca, suffisent cependant pour porter le trouble dans l'esprit de CoUi. Il lui restait à peu près 13,000 h., sur les 20,000 li. qu'il avait quelques jours auparavant; mais cet effectif dispersé jusqu'au col de Tende ne pouvait se trouver réuni à temps pour résister sur le Tanaro, et Colli ne put même grouper 10,000 h. autour de Montezemolo'. Des six bataillons de grenadiers qu'il avait sous la main le 13 avril, l'un, celui de Del Carretto, avait été cerné à Cosseria; deux venaient d'être débusqués par la brigade Rusca des redoutes de San-Giovanni di Murialdo; les trois autres, sous le colonel Bellegarde, n'ayant pu percer jusqu'à Cosseria pour dégager Provera, avaient été amusés le reste du jour par les attaques anodines d'Augereau.
Colli, pressé sur son front par Augereau et Rusca, menacé sur sa droite par Sérurier, inquiet môme pour sa gauche à cause du rassemblement des brigades Ménard et Dommarlin qu'il observait entre Rochetta Cengio et Carretto, n'entendait plus en cuire le bruit du combat de Dego, et bien qu'il en ignorât l'issue, il en pouvait légitimement conclure qu'Argenleau avait été refoulé vers Acqui. La position qu'il occupait à Montezemolo était « naturellement très forte et munie de quelques ouvrages- ». Mais s'il pouvait espérer s'y défendre avec succès, sans craindre d'en être délogé de vive force, il risquait de s'y voir débordé parles colonnes françaises qui se déroulaient partout, en face de lui et sur ses flancs, et dont il s'exagérait la force. Le dernier bataillon du général Vitale bousculé à Nucetto lui fit entrevoir cette éventualité et il jugea prudent de ramener prestement tout son monde autour