‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 324 sur 622 · Récit du com"» Martinel (Arch. G · texte numérisé non relu

Récit du com"» Martinel (Arch. G

3. Billet du g»' Dcspinoy à Bonaparte daté du 19 avril (30 germinal) 1 h. 1/2 de relevée (Arch. G.). Ce billet porte qu'il est écrit « des hauteurs de Voela »; il ne peut s'agir de la Ca Voena, située plus loin en lace de Vico, ni de la Ca Viova sur les pentes de San-Michele, ni de la Ca Viola en arrière du Buon-Gesu. — Le c' Krebâ p. 417) dit à 2 heures après-midi.

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l'ennemi en pleine déroute, se livrent sans réserve au plus éhonté pillage. Ils ne se bornent pas à satisfaire leur faim, à étanclior leur soif; tout leur est bon. Ils n'obéissent plus à la voix de leurs officiers et commettent des actes de violence et de dévastation inouïs. Un riche habitant qui voulait défendre son bien est massacré sans pitié '. De tels excès n'ont même pas l'excuse du mauvais accueil des habitants, car au dire d'un témoin oculaire peu suspect : « Nous avons eu beaucoup d'honnêtetés de la part des habitants de ce pays, mais cela ne les a pas exemptés du pillage qui ravage tout sur le passage de l'armée*. » Le mal cependant allait croissant, et « il y eut plus de désordre encore qu'à Dego ^ ». Les pillards allaient en être punis de la même manière.

Tandis que se passaient ces scènes scandaleuses, la 2« compagnie de grenadiers du régiment suisse du Christ, capitaine Paul Schreiber*, était restée bloquée dans le jardin de l'apothicaire Michelotli, à trois cents pas au nord du castcllo, sans même que les Français acharnés au pillage se fussent aperçus de sa présence. Se voyant isolé et sans espoir de secours, le capitaine Schreiber veut se faire jour à tout prix et, une fois dégagé, remonter vers Briagliaoula Bicocca. Il sort par la porte de deri-ière du jardin, à la tète de ses 75 grenadiers, et se rue vers le castello. Il aperçoit le désordre dans lequel l'ivresse a plongé les Français. Ce vigoureux officier rêve aussitôt d'accomplir un coup de main admirable. Il harangue ses soldats en allemand % partage sa petite troupe en deux bandes ; avec l'une, il fait le tour d'un pâté de maisons , afin de prendre à revers le canon pointé par les Français vers Quarelli ; avec l'autre, son jeune frère, le souslieutenant Hippolyte Schreiber", se précipite avec impétuosité sur les pillards avinés, vautrés par les rues. Ceux-ci surpris, désarmés, dispersés, alourdis par le vin, se ressaisissent et veulent rendre coup pour coup. Le lieutenant Schreiber arrive, sabre à la main, sur le canon au moment où l'artilleur eu approche la mèche allumée. Il va être broyé à la gueule même de

\. Récit du com"' Maitiiiel (Arch. G.).

2. « Journal de marche du com"' François Philippe », de ia 29° légère; cité par André Folliet : Les Volontaires de la Savoie, j). 302.

3. Mémoire du com""^ Paulinier de Foutcnille (n» 104, 4» partie ; Arch. G.).

4. Le récit du com»' Martinel (Arch. G.) l'appelle faussement ■< Schezeiher ».

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