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cieux exemple. Il se lança à cheval, dans le lit de la rivière, et fendille courant. Sa longue et maigre taille servit de cible aux tireurs sardes qui cependant le manquèrent ' ; il faillit se noyer dans les flots bourbeux et pressés, et dut revenir sous la mitraille sans avoir pu atterrir*. Pas un homme ne l'avait suivi. « Vous avez raison ! dit-il en rejoignant ses soldats ; il est impossible de passer. » Des tentatives analogues, risquées sur d'autres points, n'eurent pas meilleur résultat. La cavalerie n'obtint pas plus de succès ; le5« dragons réussit bien à faire passer quelques éclaireurs sur lautre rive, avec le lieutenant Lacroix; ils dépassèrent deux redoutes, mais quand le régiment débusqua derrière ce peloton, une redoute le canonna dételle sorte qu'il ne put que se jeter à l'abri dans des vignes ^
Sur ce point, comme devant San-Michcle, les généraux laissent s'éteindre les derniers bruits du combat que l'osbcurité va d'ailleurs interrompre. Cette journée du 19 avril*, engagée sans préparation suffisante de la part des Français, sans l'appui de l'artillerie, a été assez meurtrière. Les Piémontais avaient perdu 350 h. ^ Quant aux Français, on évalue à GOO h. le total de leurs pertes ®.
1. L'Historiiiue de la 11« légère assure cependant qu'il fut blessé. Jomini (t. VIII, p. 90) et les Mémoires de Masséna (t. II, p. 42) disent: « quoique soutirant d'une blessure récente », et assurent qu'il parvint jusqu'à l'autre bord.
2. C'est ce que Thiers appelle : « faillit se noyer sans y réussir ».