C'Krebs, p
Le général Rusca, pendant que l'armée attaquait la position de San-Michele, était resté au blocus de Ceva, tandis que sa brigade marchait sous les ordres d'Augereau. 11 avait à sa disposition quelques fractions de troupes empruntées à la brigade Dommartin et à la division Sérurier '.
Le gouverneur, comte di Tornaforte, en s'engageant à ne point tirer sur la ville si on ne l'attaquait point de ce côté, témoignait d'une conscience peu nette de ses devoirs militaires. Il aurait dû plutôt « mettre la ville en poussière ^ » que de se prêter à une combinaison qui en fait favorisait les opérations actives des Français. Un tel rôle était cruel sans doute, et l'on n'eût pas arrêté les progrès de Bonaparte. Mais enfin, et c'était capital dans les circonstances présentes, une prolongation plus énergique de la résistance de Ceva aurait entravé et ralenti la marche de l'armée et immobilisé sous les murs de ce fort un corps de blocus plus nombieux que les quelques centaines d'hommes qu'y retint le général Rusca. Celui-ci ne poussa pas non plus très activement les travaux du siège, dans l'impossibilité pratique où il se trouvait de tenter un bombardement, et en dépit de quelques boulets échangés de part et d';^aitre, l'efTort de Rusca se borna, à partir du 2'2 avril surtout, à un simple blocus, tandis que la forteresse se livrait à des travaux de terrassement en vue de perfectionner ses abris contre les bombes.
Rusca comptait évidemment davantage sur les intelligences politiques qu'il nourrissait dans la place que sur le canon pour en hâter la capitulation. Il faut reconnaître d'ailleurs que le début répondit pleinement à son espoir. A peine arrivé, Rusca reçut la visite du « serviteur de ville » que la municipalité avait envoyé au-devant de lui sur la route de Morere. Le corps de ville, ou municipalité, que présidait le comte Pauli, !•'• syndic, l'invitait à entrer dans Ceva. On conçoit avec quel empressement Rusca y consentit. Cependant un incident faillit tout compromettre. Lorsque vers 10 heures du matin, Rusca fit son entrée en ville, quelques soldats piémontais, restés en arrière sans qu'on le sût,
1. Le 3* bataillon de La 2u« (alors 84"), les deux autres assurant le lien avec Masséiia. et 1,.300 li. de la division Sérurier, pour occuper la ville de Ceva et servir de lien avec Augereau.