Récit du com»' Martinel (Arch. G
firent feu sur lui. Outré de ce qu'il considérait comme une trahison, Rusca se retira hors des murs et envoya un paysan annoncer qu'il allait brûler la ville pour la punir d'avoir attiré le général français dans un piège. La municipalité finit par expliquer ce qui s'était passé ; Rusca se calma et entra dans Ceva avec ses troupes ' ,
Il fit aussitôt partir un de ses aides de camp parlementer avec le gouverneur de la citadelle. Celui-ci, comme on le prévoyait, opposa un nouveau refus à la proposition de se rendre. C'est alors que quelques coups de canon furent échangés sans grand dommage pour personne. Un moment, après l'échec de San-Michele, Bonaparte parut vouloir charger Augereau de forcer la citadelle à se rendre*, mais ses velléités n'eurent pas de suite. Il essaya encore, au lendemain deMondovi, d'une nouvelle intimidation qui n'obtint pas meilleur succès ^ bien qu'il y parlât de n'admettre aucune capitulation et de faire passer la garnison au fil de l'épée.
Le fort de Ceva ne capitula pas et sa reddition n'eut lieu qu'en vertu des clauses du traité de Cherasco. Ce n'est que le 28 avril (8 floréal) que la citadelle ouvrit ses portes, non pas en cédant à la force, mais aux ordres du roi. Le vieux Bruno di ïornaforte sortit de la forteresse, tambour battant, drapeau déployé, rentrant en armes dans le Piémont qui venait de déposer les siennes, fidèle à ce souverain qui venait d'humilier sa grandeur, d'abdi- (juer son pouvoir aux pieds d'un jeune général, inconnu la veille, dont le premier exploit dans la carrière anéantissait du même coup le monarque et la monarchie.
d . Récit du com"' Martine! (Arch. G.).
2. Boiiaiiarto à Augereau, 20 avr-il, 1 lieure du matin. Il lui prescrit d'envoyer 1,200 11. devant Ceva pour relever Dommartin, et il ajoute : « 11 sera, sous tous les rapports, indispensable de forcer le fort aujourd'hui. » (Arch. G.)
3. « Toute résistance que vous pourriez faire serait contraire aux lois de la guerre, et produirait une etl'usion de sang inutile ; votre fort, dominé à 150 toises, n'est susceptible d'aucune résistance, m (Bonaparte au commandant du fort de Ceva, 26 avril ; Arch. G.)