‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 332 sur 622 · G«i Pinelli, p. 6o · texte numérisé non relu

G«i Pinelli, p. 6o

'j. Le récit du com"' Martinet (Arcli. fi.) évalue l'armée sai'dc à 13,000 h. ; le chiffre adopté par le c' Krebs (p. 421, note 3) est do 9,000 h.; le g"' Pinelli ne le porte qu'à 7,000 h.

Bonaparte allait opposer la plus grande masse possible de ses forces, soit une vingtaine de mille hommes' ; il est sûr également que la division Augereau et la cavalerie de Stengel s'efforceraient de lui couper la route de Turin. Sa propre armée, sans être ébranlée, démoralisée, était cependant quelque peu atteinte dans sa vigueur morale, fort réduite en nombre surtout, par les multiples combats de celte terrible semaine *.

Bonaparte, on en conviendra, faisait tout pour l'entretenir dans ses craintes. Les feux de bivouac de la division Augereau qu'on apercevait s'étendant sur les collines qui bordent la rive droite du Tanaro semblaient dénoter un mouvement prochain sur Carrù, et la brigade Rusca menaçait Monforte d'Alba. C'était la route de Turin interceptée à l'armée piémon taise, si elle s'attardait davantage sur ses positions, quelque glorieusement qu'elle les eût défendues.

Colli convoqua donc un conseil de guerre, comme Bonaparte le faisait lui-même, à la même heure, à Gandolfo. Réunis à San- Michele, dans la casa Michelotti, les principaux lieutenants de Colli et l'intendant général de l'armée, Poncillon, reconnurent qu'il y aurait folie à s'arrêterplus longuement derrière la Cursaglia et qu'il était temps de chercher derrière l'EUcro, et môme derrière le Pesio et la Stura une ligne de défense qui permît de donner la main au prince de Carignan vers Madonna dell' Olmo, tout en couvrant Turin. Pour atteindre ce but et se relier aux troupes affectées à la garde des passages des Alpes, de façon à conserver intactes et agglomérées autant que possible, les dernières forces destinées à protéger la capitale, il fallait se replier par Morozzo, vers Coni. C'est à quoi allaient tendre les efforts de Colli. Mais il convenait auparavant de sauver des griffes françaises les vastes magasins de Mondovi et les convois de l'armée. Il était donc indispensable pour faciliter cette évacuation, ainsiquel'écoulement de rarméc sur les ponts de l'Ellero, de résister le temps nécessaire sur les bonnes positions qu'offrent les hauteurs voisines de Mondovi.

Dans la journée du 20 avril en conséquence, Colli fit rompre sans bruit les ponts sur la Cursaglia, pressa la marche des convois et des bagages sur Mondovi, prescrivit l'évacuation des magasins de cette place, et ordonna pour le 21 la retraite de son

1. Il ne nian(iuait en ligne que la division La Haipc (8,B00 li.), la brigade Victor (environ 3,0U0 h.), soit à déduire 11 à 12,000 li. du oliillVe de 3y,000 h., effectif au début des opérations. En retranchant en outre 3,000 h. pour pertes dans les divers combats, il reste à peu prés 2o,000 h. D'apiès le c' Krebs, p. 420, on aurait compté de IG à 18,000 li. échelonnés le long de la Cursaglia.

2. Du 13 avril, combat de Millcshno, au 19 avril, combat de San-Michcle.

armée, en deux colonnes, l'aile gauche passant par Briaglia, le centre et l'aile droite parVico, a(in de se replier sous le canon de Mondovi et ti-averser l'EUero. Dès le 20, il abandonnait laBicocca et autres points fortifiés en face de Lcsegno et se concentrait en arrière vers Castellazzo, Santa-Lucia Annunziata et Niella, prêt a combattre d'ailleurs si, comme il le présumait, les Français renouvelaient leur attaque '. « Vous vous êtes très adroitement tirés de mes griffes », disait quelques jours plus tard Bonaparte aux officiers sardes *.

C'était bien, en effet, l'intention primitive du jeune général en chef de recommencer aussitôt la lutte. Tandis que CoUi délibérait, Bonaparte agissait. Tandis que GoUi vainqueur reculait, Bonaparte vaincu marchait en avant. Après un conciliabule tenu dans la soirée à Ceva, il avait, à 1 heure du matin, donné ses ordres en vue de la reprise du combat, dès les premières heures de la journée du 20 avril. Cette fois, Augereau devait coûte que coûte passer le Tanaro et assaillir la gauche de CoUi, pendant que Dommartin relevé au blocus de Ceva, accourait, àLesegno, renforcer Sérurier contre le centre de l'armée sarde, qu'il s'agissait d'enfoncer, puisque l'aile droite semblait inexpugnable^. Dans la matinée du 20, il vint explorer le terrain, des hauteurs de San- Paolo, examina et réfléchit. Puis il alla vers midi à Gandolfo, d'où il retourna à Lesegno, après avoir tenu conseil avec ses généi'aux*. C'était peu dans les usages de Bonaparte de consulter

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