R6cit (lu coin»' Martinet (Arcli. G
2. r.écit tlu coin"' Paulinicr de Fontenille (Mémoire 104; Arcli. G.); Mémoires d» Masséna, t. II, p. 43.
blait conjuré, hommes et éléments, pour entraver les plans de Bonaparte et paralyser ses efTorts. L'otrensive, une offensive audacieuse, ardente, immédiate était pourtant l'unique ressource de l'armée. C'était le seul moyen en sou pouvoir de recouvrer enfin l'abondance en se répandant dans les plaines ferliles du Piémont ; le plus sûr moyen également de porter le trouble dans la cour de Turin. Aussi cette mesure, dictée par la nécessité, flattait-elle les plus cbers instincts de Bonapai'te. Malgré sa précipitation habituelle, il dut renoncer toutefois à agir dans cette journée du 20 avril où son adversaire s'apprêtait à lui céder le terrain et dut ajourner au 21 la marche offensive qu'il comptait exécuter dès le 20. Ce retard, contre lequel il pestait, allait d'ailleurs lui permettre de donner plus d'ampleur à son mouvement. En effet, dans l'après-midi du 20, à l'issue du conseil de Gandolfo, il renonçait à ses projets du malin et transmettait de nouvelles instructions pour le lendemain. Masséna, en marche avant 2 heures du matin avec 7,200 h.', devait venir passer le Tanaro sous Ceva, et renforcé de la brigade Joubert, la lancer sur Prata et Lesegno. La Harpe, arrivé le jour même de Dego à Mombarcaro, devait aussi accourir le 21 vers Ceva avec deux de ses demi-brigades, la troisième seulement, avec le général Victor, restante Cairo, plutôt pour observer, qu'afln d'assurer la base d'opérations sur Savone. Encore celle-ci, en cas d'attaque de Beaulieu sur Dego, avait-elle ordre de se rabattre sur les hauteurs de Santa-Giulictta, et de là sur Montezemolo. Augereau, réduit aux brigades Beyrand et Rusca, environ o,000 h., devait avec la première, « faire mine » de passer le Tanaro devant Castellino, afin d'inquiéter l'ennemi ; se tenii'prêt à porter secours à la seconde, celle de Rusca, qui avait mission de suppléer La Harpe sur les hauteurs de Mombarcaro '-. Le généi'al Dujard enfin, commandantrartillerie de l'armée, recevait l'ordre de concentrer en plaine, à Lesegno, une forte masse d'artillerie, huit obusiers, quatre canons ; d'amener à portée des cartouches et d'approcher jusqu'à Priero, par une marche de nuit, le parc d'artillerie ^.
On constituait, sous les ordres de Meynier, une colonne de 3 à 4,000 b. qui devait prendre rang entre Masséna et la division Sérurier*.
1. Masséna conduisait la 32«, 2,900 h. ; la i' légère, l,4001i.; et la brigade Joubert, 2, 900 h. (cl Krebsp. 419, note 4).
2. Bonaparte à Masséna, La Harpe, Augereau, 20 avril (Arch. G.). La brigade Rusca ttait à Rocca-Ciglic.
3. Six arrivés le 20 à Millesimo, amenés de nuit par Montezemolo à Lesegno, avant 2 11. (lu malin; deux en batterie devant Ceva, et <|u.\tre pièces de 4; les cartouches il mi-clicmiii de Ceva à Lesegno (Bonaparte à Dujard, 20 avril. Arch. G.).
4. Cl Krebs, p. 419, note 4. D'ajirès la lettre du g"' Meynier, du 9 .avril ISOj
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La cavalerie, qui continuait à descendre de l'Apennin, se massait, autour de Lesegiio. Le général Stengel y parvenait le 20 au matin, venant de Priero. A peine entré dans le village, Stengel, si entendu, si expert dans l'art des reconnaissances, si pénétré, de la mission fondamentale de la cavalerie, avait saisi, traduit, analysé les lettres; interrogé le curé et le maître de poste, les espions et les paysans; choisi des guides; reconnu les gués; exploré les passages et les défilés; rf'uni des vivres, de Feau; et quand Bonaparte revint au quartier général, il put lui foui-nir, séance tenante, les précieux renseignements qu'il avait su recueillir. « Quelque chose dont on eût besoin, tout était prêt'. »
Quant à la division Sérurier, ce ne fut que dans la nuit du 20 au 21 qu'elle reçut l'ordre de se porter « de suite » au delà du pont de Terre, et d'attaquer « sur-le-champ » l'aile droite de Colli. Les 6,000 h. de Sérurier, accrus des 000 h. de la brigade Dommartin? avaient eu tout loisir de se concentrer et de se réorganiser. Leur vieux chef, sous le coup de fouet de Bonaparte qui le talonnait, qui le sommait de « prendre sa revanche d'une manière éclatante», allait déployer une ardciu" qu'on eût pu croire difficilement compatible avec SCS allures froides et ses habitudes méthodiques*.
Il ne restait donc au blocus de Ceva que deux bataillons de la il" légère détachés do la [division Augereau, fatigués, harassés, par tant de combats et de marches, et n'ayant plus que deux canons'. MioUis formait la réserve, avec 13 à 1,800 h., entre Roburente etMontaldo.
Bonaparte avait fait distribuer des échelles aux troupes pour descendre dans le lit du torrent et en remonter les bords*. C'était un effort puissant qu'il allait tenter pour déloger, coûte que coûte, des rives de la Cursaglia cette armée sarde qu'il désespérait de vaincre sans une réelle supériorité numérique.
Toute la journée du 20 avril s'écoula ainsi en préparatifs chez les deux adversaires. Vers le soir, la brigade Guieu, restée maîtresse
(Arcli. G.), et les onlres qu'il a i-enus, il aurait eu 3,691 h. ; soit le l" bataillon delà 17» légère, 500 h. (les deux autres bataillons restés devant Ceva) ; un bataillon de la 23» qui n'avait pas rejoint Donimartin, 900 h. ; la 22» légère (alors IG»), 700 h.; les 5u» et 209» de première formation, cotte dernière non encore amalgamée dans la 85», 230 h. et 743 li.; et le 8' bataillon de Saûne-et-Loire qui devait entrer aussi dans la 83" de nouvelle formation (alors 50").
d, Campar/nes d'Italie, Tpar Napoléon. — D'après le c' Krebs, p. 420, note 3, Stengel aurait eu avec lui et le général Beaumont, 1,000 à 1,300 cavaliers, dont le 5" dragons, deux escadrons du 20* dragons, le 24» chasseurs ; le 7« hussards et le 13* dragons n'arrivèrent que le lendemain, 22 avril, à Lesegno.