‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 340 sur 622 · Récit du corn»' Martinel {Arch. G · texte numérisé non relu

Récit du corn»' Martinel {Arch. G

de Civalero refluent de Molline et viennent encore accroître le nombre des combattants de Vico ; les chasseurs de CoUi, avant d'aller se ranger au hameau del Poggio et occuper vers Blengin les postes les plus avancés de la hgne, s'engoufTrent dans le village de Costa, augmentant l'encombrement dans les rues tortueuses du bourg. Il est trop tard dès lors pour remédier à cette accumulation désordonnée. L'attaque générale française se dessine sur toute l'étendue du front et des ailes. La division Sérurier poursuit ses avantages du malin. La brigade Fiorella, celle de Dommartin qui vient de rejoindre, abordent Costa et Vico; les bataillons postés dans les prés, qui en défendent les al)ords, déjà ébranlés par la retraite des avant-postes de Civalero, ceux des régiments d'Asti, de Savoie, de Chablais et de Belgiojoso, se rejettent pêlemêle dans le village. Fiorella y pénètre derrière eux et s'engage dans un long combat de rues où les tournants et les coudes paralysent sa marche et favorisent la défense. Des maisons, des jardins, des murs, des ruelles qui aboutissent à la longue et unique rue du village, part un feu nourri qui suspend la marche de Fiorella. Dommartin s'acharne au dehors, autour du château et de la chapelle Madonna délie Neve, et chemine lentement à travers les maisons'.

La brigade Guieu apparaît sur l'autre flanc de Vico, dans la vallée de l'Ermena. Elle enlève sans combat les bâtiments du Santuario, puis ses tirailleui-3 au pas de course s'emparent de Fiamenga, de San-Pielro et de la chapelle San-Rocco^. Les Piémontais se voient assaillis de trois côtés, presque cernés; le canon retentit à leur droite, la mousqueterie pétille derrière eux. Ils résistent quand même, les Grenadiers-Royaux entre autres font preuve d'une rare intrépidité. Colli, qui craint d'être enfoncé ou débordé, avant que la grosse artillerie et les convois aient pu s'éloigner de Mondovi, ordonne de tenir bon. Il fait appuyer l'infanterie par deux canons en batterie à Mercato-Vecchio, sur la butte près du bric Baudin, et entasse sur le Brichetto sa réserve de grenadiers Dichat, Varaxet Chiusano pour s'y réfugier en cas de nécessité. La fusillade reprend de plus belle dans le bourg. Les Piémontais s'abritent dans un tournant de la grand'rue, près de l'église, et opposent une vigoureuse résistance. L'ardeur de la lutte, la dispersion des divers éléments dans le dédale de maisons, de jardins, du cours et de ruelles du village, l'arrivée incessante de nouveaux fuyards, tout contribue à créer un tel désordre

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