Historique du S» dragons (Registre R, 24; Arcb. d
'.'). Le c' Krebs (p. 4281 dit que Cliallardon reçut deux coups de sabre de Stengel et lui cassa le bras d un coup de pistolet. Masséna (p. 44) dit Stengel blessé à nioit d'un coup de pointe.
{). Trouble (Claude-Edme), né à Quincy-le-Vicomte (Côte-d'Or), le 29 sept. 173?, engagé volontaire au 5" dragons, le 18 fév. 1771, y fit toute sa carrière jusqu au grade de colonel. Il commanda en 1800, le Vo' de cavalerie; en 1803, le 24«dragonî, et fut retraité en 1803, mort en 1807.
7. 100 11. dit Pinelli, p. 664. L'uniforme de ces dragons, assez bien habillés, était vert, à revers jaunes; tous en chapeaux; presque tous recrutés parmi les Belges (Notes du g»' Desaix; Arcb. G.).
8. Boussard, « un gros homme, figure ouverte, assez belle tête, yeux grands: ne parait pas grand génie, est sans éducation » (Notes du g»' Desaix ; Arch.^G.)-
?5î? BONAPARTE EN ITALIE
tombe frappé de plusieurs coups de sabre et le bras gauche brisé d'un coup de pistolet'. MortcUemont blessé, il est pris ainsi que 20 de ses dragons; plusieurs sont tués, le reste se disperse et fuit abandonnant le général sur le terrains ainsi que son aide de camp, Pontis, dangereusement blessé*.
Le chef de brigade Murât *, aide de camp du général en chef, rallie promptement sous le feu les escadrons et charge impétueusement les dragons sardes'. Le colonel Chaffardon, craignant une embuscade ou l'irruption de forces supérieures, fait sonner le ralliement et se replie sur l'infanterie piémontaise. Celle-ci, à cet exploit de sa cavalerie qui la sauve de la déroute, bat des mains, comme pour fêter une complète et décisive victoire. Cet acte de vigueur, à la vérité, a rendu confiance à l'armée de Colli et paralysé la poursuite, mais le résultat et les circonstances ne comportaient guère une telle exaltation •*.
1. Ce brigadier Giuseppe Berteu, qui échappa aux coups de Stentrcl après l'avoir mortellement frappé, périt le 7 septembre 11^7, pendu à Turin, avec le médecin Ignazio Hoyer, pour conspiration républicaine contre le roi (Voir Tivaroni, p. 33, ci'apres Bianclii, t. II, et aussi Pinelli p. 604).
2. Récit du com°' Martinel; Historique du S« dragons (Arch. G.). Il semble d'après Martinel que Stengel l'ut l'ait prisonnier et délivré quelques heures plus tard.
3. C'était l'aide de camp Pontis, ou pour mieux dire Jean-François Carolet de Montigny-Pontis, né à Vendrechin (?) prés de Metz, le 23 février 1776 ; soldat au l»' liussards, 23 mars 1790, engagé à quatorze ans ; sous-lieutenant provisoire (par le g"' Dampierre) 13 avril 1793 ; maréchal-des-logis de la gendarmerie du Ilhône, 24 mars 1794 ; sous-licutennnt aide de camp de Stengel, 7 novembre 1795 ; lieutenant au 1»' hussards, 13 octobre 1796 ; passé lieutenant au 10» chasseurs, 10 décembre 1796. (Voir l'Historique du 5» dragons, Arcli. G.). Stengel avait un autre aide de camp, désigné dans certaines pièces, sous le nom d'Aubanel ; dans d'autres sous celui de Tauiane, Taulanne, ou Tolane ; il s'appelait ellectivemont Taulane et fut aussi blessé ; il s'empaia du cheval du lient"' g"' l)elleia, soi-disant pour aller chercher un chirurgien et Bcrthier dut lui écrire que c'était « une violence impardonnable et indigne d'un ofhcier français », qu'il était honteux de démonter un général de soixante-dix ans. Il refusa de le rendre avant qu'on lui rendit le sien et en écrivit au Directoire, à Barras, son protecteur sans doute. On voit quelle singulière discipline régnait parmi les officiers (Lettres de Berthicr, 26 avril de Taulane, 29 avril, Arch. G.). Ce Taulane (Honoré), capitaine à la 3° légère, ex-capitainc des Guides d'Italie, était signalé comme « brave soldat » (Arch. Nat. AF III, carton 179). Enfin Roize paraît avoir rempli également auprès de Stengel les fonctions d'aide de camp ou celles de chef d'étatmajor.
4. « Grand, jeune, homme du Midi... brave... distingué» (Notes du g"' Desaix ; Arch. G.).
5. Le récit de Martinel ne fait pas mention de la présence de Murât ; Bonaparte au contraire, dans son rapport, exalte le rolo de son aide de camp qu'il représente comme ayant chargé à la tète du 20° dragons tout entier. Il dit également que Stengel fut fiappé en chargeant à la tète d'un de ses régiments. Or, le îi° dragons était loin d'être au complet et son c' Milhaud, lex-conventionnel, n'était pas arrivé. Quant au 20" dragons, l'Historique constate que deux de ses escadrons seulement ont ])ris part à la charge. Peut-être Stengel chargea-t-il avec l'un et Murât avec l'autre. Beaumont arriva trop tard avec le reste du 20' pour participer à la charge et ne put que ramener le corps de Stengel « massacré » et déshabillé (Beaumont à Berthier, 21 avril ; Arch. G.).
6. Récit du com"' Martinel. C'est justement toutefois que l'étendard du régiment de cavalerie de Gènes, héritier du régiment de dragons du Roi, est décoré de la médaille d'or de la valeur militaire, en souvenir de ce combat (Revue de cavalerie W 112, juillet 1894, g-i Pinelli, t. H, p. 16).
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Murât, heureux d'avoir rétabli le combat, repasse de son côté l'ElIcro, non sans avoir ramassé, mourant, son malheureux général*.
Stengel transporté à Carassone, y agonisa sept jours, et expira, te 28 avril, après avoir subi l'amputation du bras ; mort, après tout, glorieuse pour ce rude cavalier d'un autre âge, frappé, le sabre au poing, en vrai hussard de Chamborant*.
On a beaucoup épilogue sur cet épisode où Siengel trouva une fin si digne de sa vie. Ou a voulu rendre Bonaparte responsable de cette charge imprudente, et l'on a prêté à Stengel mourant ce propos tenu à ses officiers: « Ce misérable petit Corse a voulu me faire périr; il y a réussi^. » Suivant Bonaparte, c'est la funeste myopie de Stengel qui aurait causé sa perte*.
Que Stengel ait chargé spontanément, ou qu'il ait reçu l'ordre formel de Bonaparte, le point reste controversé, car il n'existe aucune trace d'un ordreimpératifqui d'ailleurs, fort vraisemblablement, n'a pu être que verbal ou porté par un aide de camp =. Ce qui demeure acquis, c'est que la cavalei'ie fut réellement portée sur l'EUero par la décision de Bonaparte, et portée avec raison, mais c'est tout. Il est certain qu'à la distance où Bonaparte se trouvait, il ne pouvait ni prévoir, ni diriger les incidents qui surgiraient, une fois le passage de la rivière effectué, et qu'il devait s'en fier au valeureux Stengel. Il semble bien, au surplus, que l'initiative de l'attaque appartienne plutôt au colonel sarde Chaffardon.
Qu'importe au demeurant laquelle de ces différentes versions soit la plus exacte? Quand il serait admis et prouvé que c'est la volonté expresse de Bonaparte qui lança Stengel dans la sanglante écbauffourée d'où il ne revint pas, cela ne servirait qu'à établir une fois de plus, démonstration superflue après l'assaut de Cosseria, que Bonaparte était peu ménager du sang de ses
1. Selon Riistow, p. lOS et 106, Mui-;it aurait fini par triompher des dragons sardes ; selon JMnelli, p. 664, il n'aurait pas risqué de nouvelle attaque et se serait borné à recueillir les escadrons débandés et à repasser l'Ellero. Il semble probable que c'est Cliall'ardon ([ui, de son plein gré, rompit le coml)at, ne voulant pas s'engager plus à fond, dans l'ignorance où il était des forces françaises. Ce fut le g"' Beaumout qui ramena le corps de Stengel.
2. A Sainte-Hélène, dans le délire de l'agonie. Napoléon, sur ses lèvres mourantes, mêla le nom de Stengel à ceux de Uesaix et de Masséiia qu'il appelait à son lit funèbre; ce qui prouve, semble-t-il, le grand cas qu'il faisait d'uu tel chef, pour évoquer ainsi son nom vingt-cinq ans après sa moit, en même temps que ceux de ses meilleuis généraux (Antommarchi : Derniers moments de Napoléon, 2 mai 1821).
à. Mémoires de l'adjud^ r/"' Landrieux, t. I", p. o6, de l'Introduction.