Proclamation à l'annOe, 2fi avril 1796 (Arcli. G
2. Le prince de Carignan avait l."i,000 h. eanipcs dansles vallées de la Stura, de la Maira et devant Coiii, dont 6,000 li. à la Madonna (g»' Pinolli. p. 666; c' Kùstow, p. 107). Il restait à Colli environ 10,000 h.: 1,200 à l'avaut-v'arde avec le c' Colli ; 2,100 avec Brempt autour de Clierasco; 6,000 en quatre divisions avec Colli, soit 'J,600 h. dont 2,000 cavaliers. 11 y avait en outre comme garnison dans Coni 2,500 h. (deux bataillons de Christ, deux do Sardaif-'ne, deux de PeyerimlioU', deux de Piémont, j)nis des milices et compagnies f'ranclies): dans Démonte 5 ii 600 h. (deux bataillons de Streng); 800 miliciens dans les vallées du Gesso et de la Stiira ; 600 miliciens dans celles de la Maira et de la Vraita (Pièce 308 des Arch. de Brcil, citée par le c' Krebs, p. 431, note 5).
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Colli n'avait reculé que pas à pas, qu'il occupait encore La Trinita, et qu'on ne pouvait avancer vite et loin, avec Ceva et Coni derrière soi.
Le 23 avril (4 floréal), l'armée exécute une marche d'ensemble qui la porte sur le Pesio. La division Masséna, déployée en bataille sur deu.t lignes, prête à se former en colonnes s'avance avec sixobusiers, la droite appuyée auTanaro, le 1" hussards et le 15<= dragons éclairant sa gauche. La division Sérurier, danslamème formation de bataille, avec trois obusiers et deux pièces, lie sa droite à la cavalerie de Masséna, tandis qu'à sa gauche le 22« chasseurs bat les chemins jusqu'à Morozzo, et cherche unpont plus en amont que celui de Breo. La division Augereau descend le long de la rive droite du Tanaro, sans perdre de vue les colonnes de Masséna sur l'autre rive '.
Dès 5 h. 1/2 du matin, l'avant-garde de Masséna, composée d'infanterie légère et de cavalerie, se met en route; à 6 heures, la division la suit. Sérurier est également précédé, d'une demilieue, par son avant-garde. Masséna passe sans difficulté l'Ellero dont les ponts n'ont pas été complètement rompus et Sérurier passe facilement sur les ponts de Breo. Parvenues sur le Pesio, les colonnes sont arrêtées par la rupture des ponts. Ce n'est que vers 3 heures de l'après-midi que Masséna, en remontant le fleuve, à un mille plus haut-, trouve le pont de pierre de la route de Fossano qui n'a pas été détruit, où son artillerie, ses équipages, son convoi, peuvent enfin passer. L'infanterie établit avec des branches d'arbre un pont volant ^ remplacé plus tard par un pont de tonneaux, sur lequel elle franchit la rivière, alors que la cavalerie de Beaumont a pu trouver un gué à l'endroit où le lit du torrent s'élargit, où son courant s'apaise *. Aussi n'est-ce quele soir que l'avant-garde entre, malgré la rupture du pont sur le Rivo, dans le village de CaiYù, abandonné depuis quelques heures par les Sardes; elle est suivie peu après du gros de la division. Sérurier ne dépasse pas les ondulations de la rive gauche du Pesio, sur la route directe de Mondovi à Fossano, à peu près à mi-chemin de La Trinita. Dans la soirée le commandant Andréossy jette un pont sur le Pesio, presque à son confluent avec le Tanaro.
1. Ordre à Masséua, Sérurier. Ausereau, 22 avril. Bonaparte à Sérurier, 23 avril (Arcli. G ). C'est en somme le mouvement conseillé par Rusca. « Le Tanaro n'étant pas guéable à cause de la fonte des neiges, menacer Glierasco par Glavesana » (Rusca à Augereau, 20 avril; Arcli. G.).
2. A 3 milles, dit Pinelli; à 8 kilomètres, dit l'auteur des Mémoires de Masséna, p. -4o.
3. « En jetant deux arbres sur le Pesio ». Mémoires de Masséna.
i. G' Riistow, p. 108 ; g"' Pinelli, p. 667. Masséna, Rustow et Pinelli placent au 22 la marche sur Garni et La Trinita qui eut ellectivement lieu le 23.
La division Augeroaii n'est partie de Castellino qu'à 7 heure ; du malin; elle a passé à Murazzano pour y prendre onze pièces d'artillerie que le général Dujard lui a amenées », puis elle s'est dirigée par Belvédère sur Dogliani^. Elle doit, si, des hauteurs des lancjhc dont elle suit la crête, elle n'aperçoit point dans la plaine les colonnes de Masséna, jeter vers Clavesana une patrouille qui tentera de franchir le Tanaro et de pénétrer jusque Carrù*. Dans sa marche, la division a capturé deux barques, montées chacune par une trentaine d'hommes; mais elle a constaté que toutes les embarcations des riverains ont été détruites ou cachées. Le Tanaro, qui a 3 pieds d'eau dans sa moindre profondeur et sur tout son parcours, n'est pas guéahle et l'on n'a pu le franchir pour prendre contact avec Masséna à Garrù, où celui-ci n'est d'ailleurs arrivé que tardivement*. Augereau a pu toutefois, par Monchiero, pousser jusqu'au pont de Narzole, et a jeté ses reconnaissances vers Novello, La Morra et Monforte d'Alba, d'où elles ont remarqué la présence de deux petits camps piémontais, tout à fait à leur droite, vers Cherasco*.
La division La Harpe n'a pas quitté Mombarcaro où elle a reçu, à 6 heures du matin, dix pièces et des vivres. Pendant celte journée, le parc d'artillerie est venu à Lesegno, et Dujard a i-emplacé au blocus de Ceva les pièces qu'il en a distraites pour les divisions d'infanterie par les pièces prises aux Sardes à Mondovi, tandis que les habitants de San-Michele, cédant aux injonctions comminatoires de Bonaparte, rétablissaient le pont rompu par les IMémonlais ".
Le soir du 23 avril, Bonaparte entre à son tour à Garrù et y établit son quartier général. Le moment approche où son audacieuse détermination de reléguer loin les plans du Directoire pour y substituer le sien va porter ses fruits. C'est l'heure où la cour de Piémont va, conformément à ce qu'il a prévu, solliciter la paix.
1. Ce serait douze pièces (deux obusiers, fiuntre pièces de 8, six pièces de 4 ou de 3), d'upi'ès l'urdrc à Dujard, 22 avril (Arcli. G.).
2. Laissé maître de son itinéraire, Augereau a préféré suivre le» hauteurs que de longer le Tanaro.
3. Bonaparte à Augereau, 22 avril 1796 (Arch. G.). La carte de Borgouio écrit Crannazana au lieu de Clavesana.
■4. Augereau à Bonaparte, 24 avril (ArcIi. G.).