‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 365 sur 622 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

6. Ordre à Dujard; ordre à la commune de San-.Micliele. 22 avril (Arch. G,).

CIIERASGO 409

On a vu que le soir même de la bataille deMondovi, le 21 avril', le roi convoquait au Palais un Conseil extraordinaire. Les événements avaient eu leur contre-coup immédiat à la Cour et le désir de la paix commençait, dans le pays, à se faire sentir impérieusement. Depuis que se succédaient les affligeantes nouvelles des reculs successifs de l'armée sarde, les partisans de la paix, à la Cour de Turin, apparaissaient plus nombreux, plus déterminés. Après avoir fait monti'e d'un entêtement sans bornes, on témoignait, depuis les revers, d'un abattement sans exemple. « Tout était confusion et terreur* », et « la peur y grossissait les dangers' ». Chacun voyait déjà accourir des « loups affamés » pour assouvir leur faim aux dépens du pauvre Piémont*.

Les plus résolus eux-mômes estimaient, malgré tout, qu'il vaudrait mieux « faire des bottes que de la mauvaise tactique et de la déplorable politique », et ne marchaient plus que « comme un athée qui irait au martyre ^ ».

î)ans ce conseil du 21 avril, il se passa quelque chose d'analogue au « conseil des rats autour de Raminagrobis" «; la question se posa nettement de savoir s'il fallait signer la paix avec la France, ou rester fidèle à l'alliance autrichienne et tenter encore, avec elle, le sort des armes.

Le roi demeurait toujours hésitant; le prince-royal, l'héritier du trône, Charles-Emmanuel; son frère le duc d'Aoste,en proie tous deux à leur aversion furibonde pour les républicains; ce dernier surtout, malade de corps autant que d'esprit, pervei'ti par un religiosisme outré, excité par sa femme, une digne sœur de Marie- Antoinette, chapitré sans doute aussi par son confesseur, se prononcèrent avec force pour la continuation de la guerre. Tel était aussi l'avis, cela se conçoit, des deux ambassadeurs d'Autriche et d'Angleterre, le marquis Gherardini et Drake, ce dernier accourude Gènes, qui exceptionnellement assistaient à ce Conseil. Pour mieux persuader le vieux souverain, ils lui représentaient qu'en 1706, son aïeul, Victor-Amédée II, vaincu, avait préféré se laisser assiéger

1. Henri Marmonier, p. 39, dit, par erreur, que ce fut deux jours avant Mondovi.

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