‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 366 sur 622 · Costa de Bcauregard, p · texte numérisé non relu

Costa de Bcauregard, p

dans Turin, où il avait opposé aux Français une victorieuse résistance. Le ducd'Aoste. désireux de se faire pardonner ses conseils de soumission de 1795', opinait ardemment dans le même sons que les minisires étrangers. Cette solution trouvait quelque écho auprès du sage Tliaon de Revel, grand-maréchal du palais, qui avait exercé, du temps de de Wins, les fonctions de quartier-maître général-, et jouissait à la Cour d'un grand crédit personnel.

Celui qui s'éleva le plus éloqueniment en faveur de la paix, fut le cardinal Costa, archevêque de Turin, prélat éclairé et libéral, « protecteur des lettrés et des savants^ », qui n'avait cessé de prêcher les idées de modération. Stylé d'ailleurs par un avocat de Novare, Prina, fin et judicieux*, il rétorqua avec vigueur les arguments belliqueux de Drake et de Gherardini. Il fit vivement ressortir qu'en écoutant leurs motions, c'était exposer le trône, les propriétés privées, la vie des soldats, uniquement auprofitd'alliés égoïstes et traîtres qui, ne risquant rien pour leur propre compte, pouvaient sans appréhension exposer les autres pour le service de leurs intérêts. Que n'agissaient-ils, eux, qui, au mépris des conventions et des traités, persistaient à refuser leur concours, même alors qu'il était le plus indispensable?

Invoquant ensuite, avec l'autorité du caractère sacré dont il était revêtu, les considérations les plus de nature à ébranler la conviction chez des esprits aussi religieux que ceux dos doux princes, il démontra que la véritable loi du Christ conseillait plutôt de ne pas aggraver inutilement les misères et les fardeaux du i)cuple par une vaine soif de prédominance, en tentant de reprendre des provinces où les vainqueurs étaient bien accueillis ; qu'il serait beaucoup plus chrétien, beaucoup plus conforme à la vraie doctrine évangélique de renoncera des territoires dont Dieu avait permis la conquête par un puissant ennemi et que ce serait aller contre les vues du Seigneur que de sacrifier en totalité une armée déjà tant de fois battue et minée par un trop légitime découragement'.

Le chevalier Tonso, surintendant général des finances, parla après le vénéré prélat et fit valoir des considérations qui, pour être plus terre à terre, n'en furent pas moins pressantes. Il ne dissimula pas le pitoyable état du Trésor, ni combien était grande la détresse monétaire. Les dépenses de guerre du Piémont s'étaient

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