G. Roberti, p
Dôme un Magnificat solennel, substitué d'office par Ranza au chant du Te Deiim trop de fois profané par les royalistes •.
Toute cette joie, cette explosion de républicanisme, cet étalage de fougueux patriotisme, celte ferveur démocratique, tout cela ne fut qu'un feu de paille. La République d'Alba était une enfant mort-née *.
Ce mouvement, éclatant comme'une mine sous les pas du vieux roi de Sardaigne, servait toutefois trop bien les intérêts des Français, il correspondait trop exactement aux secrets désirs de Ronaparte, pour qu'on fit rien pour l'éteindre ou le régulariser. On souhaitait vivement au contraire qu'il se trouvât dans le reste du Piémont des imitateurs d'Alba, et si l'on ne voulait pas « ostensiblement », suggérer aux peuples les idées républicaines*, on tenait du moins à « alimenter l'esprit public * », prêt à recueillir le bénéfice des soulèvements populaires qui pourraient sui'gir.
L'occupation d'Alba, placée au confluent de la Querasca et du Tanaro, remplissait un double but. Elle semait l'ahu-me à la Cour de Turin, et en même temps elle était utile en assurant aux Français le passage sur la rivière qui est « d'une largeur et d'une rapidité considérables », à cet endroit. La politique suivie par Ronaparte, représaille légitime, après tout, de ce qu'on avait tenté de faire en France au détriment delà République ■•, favorisait au delà de toutes prévisions les propres desseins du jeune général en portant à son comble l'affolement qui i-égnait à la Cour de Turin et en ser-