‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 400 sur 622 · Carlo IJotta. p. 398 et · texte numérisé non relu

Carlo IJotta. p. 398 et

i Costa de Beauregard, p. 358.

et créer entre eux une associalion provisoire, une telle union serait toujours contre nature et ne saurait être durable ni porter de fruits, l'un des contractants ne cherchant jamais qu'à traiter l'autre en vassal et à le faire servir humblement à l'accomplissement de SCS propres desseins'.

Il ne faut pas oublier non plus que si, à cette date de l'armistice de Gherasco, l'armée de Bonaparte était encore clairsemée, minable cfens sa composition comme dans sa tenue et dans son esprit de discipline, et que « le plus léger caprice de la fortune pouvait lout renverser- », elle allait, à quelques heures de là, rejoindre, i)ar-dessus les neiges qui blanchissaient encore le col de Tende, ses deux divisions restées sur le littoral, raccourcir sa route, faciliter son ravitaillement, et qu'enfin l'armée des Alpes de Rellermann, sur l'ordre du Directoire, s'apprêtait à descendre vers Coni, se souder à sa gauche et tendre ainsi autour de l'armée ennemie un vaste filet enveloppant où elle aurait fini par trébucher et s'enlacer.

Les Piémonlais, en dehors des patriotes, de ces réfugiés plus exaltés et plus brouillons que véritables démocrates, les Piémontais ne devaient-ils pas en somme s'estimer heureux d'avoir obtenu du vainqueur des conditions qui, pour si dures qu'elles fussent, auraient pu encore être pires? Le roi n'avait-il pas, au moins momentanément, préservé sa couronne? La République n'avait-elle pas renoncé, avec une clairvoyance qui faisait honneur à sa sagesse, à introniser sur les débris du trône sarde une pâle copie de République transalpine qui aurait interdit pour jamais à l'avenir l'espoir d un retour à la monarchie, du moins personnifiée par la maison de Savoie?

Il avait fallu, il est vrai, faire preuve d'un réel esprit de sacrifice et d'abnégation pour ne point repousser certaines des exigences delà République française^. Un juste hommage était rendu par le vainqueiu" à la bravoure du vaincu, en accoi'dant à toutes les troupes la faveur de se retirer avec armes etbagages, avec tous les honneurs de la guerre; il est vrai que ce n'était qu'une concession platonique. Si l'on avaitpu, sans trop gémir, céder sur les articles

Page 1