Napoléon : Campar/nes d'ilulie
3. Consulter le texte de la suspension d'armes de Chcrasco. Le g»' Pinelli, t. I»', p. 70o, en reproduit le texte d'apri'S les Archives de Cour de Turin : traités, liasse XXXVII, n« S ; et d'après Maitens, t. VI, p. 608. Il ue s'est pas aperçu qu'il reproduit simplement le texte des propositions, de l'ultimatum, de Bonaparte, le 27 avril, et non le texte définitif libellé à Clierasco dans la nuit du 27 au 28 avril ; c'est ainsi (|ue pour Ceva, le texte de Pinelli laisse subsister l'option entre la reddition et la continuation du siège, alors que le texte vrai consacie la reddition de la place.
qui assuraient à rarmée de Bonaparte la possession de la rive droite de laStura, puis du Tanaro jusqu'à son embouchure dans le Pô, et le libre parcours à travers le Piémont' ; si Ion avait pu renoncer à Ceva, sacrifiée d'avance, et dont la chute n'était plus qu'une question de jours* ; si la réserve faite parle général français pour assurer son passage au pont de Valenza', n'avait rien coûté à la Sardaigne, non plus que l'application au corps-auxiliaire autrichien des conditions de la suspension d'armes *, l'enveloppant ainsi dans le désarmement général, il n'en était pas de môme de la livraison totale aux Français des forteresses de Conietde Tortone, aggravée de la cession, ne fût-elle que provisoire, de l'importante place d'Alexandrie^. En consentant à l'occupation de ces places, en permettant aux Français d'eu utiliser les ressources, fût-ce en échange d'une forte indemnité pécuniaire ultérieure •=, le roi se liait étroitement les mains en vue des négociations qui devaient s'ouvrir. On l'avait amené à composition et réduit à discrétion. A la vérité, c'est surtout l'armée autrichienne qu'atteignaient directement ces articles, mais imagine-ton, si la paix n'avait pas été signée à Paris, la supériorité qu'aurait créée à Bonaparte dans la campagne qu'il aurait eu à diriger contre Turin, la possession de ces trois points d'une importance capitale aupointde vue militaire, sans compter l'appui qu'y auraient puisé les révolutionnaires accourus de tous les points de l'Italie qu'on aui'ait alors lâchés sans ménagement sur tout le pays?
Aussi Bonaparte mit-il une hâte singulière, comme s'il eût redouté un désaveu ou un revirement, à s'emparer de ces gages précieux qu'il avait su si habilement exiger. Le comte deLuzerna avait apporté le matin du 28 avril lacceptalion par le roi des conditions de l'armistice. Il revint peu après, porteur d'une lettre du général de La Tour au chevalier de la Fléchère, commandant la place de Coni, invitant celui-ci « en attendant l'ordre du roi », à