Article
remettre la ville et la citadelle aux Français ' . Le général Despinoy partit sur-le-champ de Ciierasco pour Coni, avec roHicier piémontais, deux officiers d'artillerie et du génie, et un commissaire des guerres. Le jour même, à G heures du soir, la garnison sarde*, sortait de Coni et la brigade Fiorella entrait dans la place, y plaçant sous les ordres de Despinoy les troupes nécessaires pour occuper les divers postes, eu attendant que le général Macquard l'eût relevé dans cette mission ^
Le lendemain, "Id avril, parvenaient les ordres du roi pour les forteresses'de Ceva et de Tortone*. Le général MioUis * en faisait part aussitôt au comte de Tornaforte, gouverneur de Ceva, et celui-ci était contraint de remettre, le jour même, la place qu'il avait si bien défendue, avec tous les approvisionnements qu'elle contenait".
Le 29 également, le gf'-néral Mcynier, désigné pour prendre le commandement de la piac(i de Tortone, partait muni de l'ordre du roi. En passant à Cravanzana, Il empiuntait 1,500 h. à la dlvl-
\. 11 semble l)ien, d'après la lettre de Bonaparte au g»i Despinoy (28 avril, Arcli. G.), que le g"' de La Tour n'attendit pas l'ordre du roi, « qui arrivera ce soir », l)our opérer la remise de Coiii aux Fran(;ais, ce qui nous conlirme dans l'opinion que le texte de l'armistice de Clieraseo fut signé avant d'être ratifié réellement par le roi, et que le comte de Luzerna, en arrivant le 28 à 7 h. du matin, n'avait l'ait ([ue se croiser en route avec le caiiit"» de Seyssel et que l'on n'avait pas eu le temps en six heures, d'aller à Turin soumettre au roi les clauses de l'armistice et d'en revenir. — Cepi.'.idaui Bonaparte, dans sa lettre au com"' de Coni, comme dans celle au k»' de La Tour lArcli. G.), enqjloie toujours l'expression « l'ordre de votre roi », « l'ordre du roi » ; il faut lire sans doute " l'ordre donné au nom du roi ». La lettre au g»' de La Tour pourrait toutefois être considérée, comme une réponse à l'envoi de la lettre menu: du roi. « que vous vous êtes donné la peine de me faire passer » ; la lettre à de La Tour aurait dés lors été écrite dans la soirée du 28, mais rien ne rindi(|ue ; il est siijLnilier en outre que l'ordre du roi de remettre Coni, soit arrivé seul, et que, par cette même lettre, Bonaparte ait été obligé de réclamer pour le lendemain au plus tard (alin que l'occupation pût avoir lieu le 30 avril, date extrême fixée par l'armistice) l'ordre relatif à Ceva et à Tortone ou Alexandrie.
Tout cela est assez obscur et embrouillé. Ce qui nous semble positif, c'est que le roi ne connut que dans la journée du 28, le texte de la suspension d'armes, mais qu'on agit dès le matin comme s'il l'avait connu et approuvé, tant on était certain de sa ratification.
2. Bortaparte au Directoire (29 avril, Arch. G.), dit qu'il y avait dans la place 5,000 11. ; on a vu p. 406, note 2, ([ue la garnison n'était que de 2,500 h. Voir à la date du 8 mai (Arch. G.), le procès-verbal de l'inventaire des effets de la place de Coni établi par le commissaire des guerres sarde Joseph-Philippe Wehrling et le commis.saire français Jean-Jacques Le Play.
3. Lire l'intéressant chapitre de M. Roberti, dans le volume Vil' centenario délia fondazione di Cuneo intitulé L'Assedio di Cuneo del -1799. Il s'y trouve des détails inédits sur l'occupation de Coni en 1796 et les tentatives révolutionnaires qui suivirent. Le chiffre des troupes françaises évaluées d'abord à 3,000 h. d'infanterie et 400 h. de cavalerie, puis à environ 6,000 h., est manifestement exagéré, môme en comptant l'arrivée de la division Macquard.
4. Bonaparte à de La Tour, 29 avril (Arch. G.). « Je reçois à l'instant votre aimable lettre, avec les deux ordres pour Ceva et pour Tortone », etc.
5. « Agé... brave homme, honnête, doux, tournure et mise originales et simples ; sert très exactement et d'une manière très distinguée à la guerre » (Notes du g»' Desaix, Arch. G.).
6. Bonaparte à Miollis ; au com»' de Ceva, 29 avril (Arch. G.).
CIIERASGO 447
sion La Harpe afin d'exécuter ses ordres'. Le 30 avril, Tortoiie ouvrait SCS portes, comme Coni, comme Ceva ; et l'armée française pouvait asseoir solidement son établissement en Piémont et y jouir des avantages d'une telle situation ^.
Le général Haquin s'installait à Cherasco môme où le général La Salcéte était nommé commandant de la place ; le général Charton ^ à Mondovi, ainsi que le général Miollis à Ceva, étaient placés sous son commandement *. Le général Sauret commandait à Loano, surveillant toute la côte, ayant sous ses ordres à Savone le général Cervoni ^.
Bonaparte avait toutes sortes de raisons de se hâter ; il pouvait, à bon droit, craindre la désapprobation du Directoire, et il n'était pas fâché, dans ce cas, de le mettre en présence du fait accompli. Il se défiait en outre, non sans fondement, on le verra, de la bonne foi autrichienne, peut-être même de celle du roi de Sardaigne, et peut-être aussi soupçonnait-il ces alliés de la veille de se mettre d'accord secrètement pour que les Autrichiens s'emparassent de Tortone et d'Alexandrie avant l'apparition des Français sous les murs de ces deux villes. Les tergiversations du roi, du 23 au 27 avril ; l'offre maladroite qu'il avait faite de livrer Démonte au lieu de Tortone, pouvaient, jusqu'à un certain point, autoriser Bonaparte à concevoir cette pensée, et il était sans doute renseigné avec exactitude sur les projets de Beaulieu que celui-ci n'avait que trop clairement manifestés.
1. Bonaparte à Meyuier, 29 avril (Arcli. G.). Cravanzana, sur le Belbo et noa Clavesaiia, sur l'KlIero.
2. Il semble cependant ([ue le fort de Tortone ne fut occupé que le 4 mai, et que ce ne fut qu'à cette date que commença la suspension d'armes (Bonaparte au duc d'Aoste, 4 mai ; Arcli. G.). Le g"' Pinelli, t. 11, p. 13, place au 3 mai la livraison de Tortoae.
3. <i Agé, grand, tète grise, clieveux courts, a do l'esprit, marié, a sa femme avec lui, âgée, prétentions ; une nièce aussi avec lui, jeune, a les agréments île cet âge... Sort du .3» dragons dont il a été colonel » (Notes du g"' Desaix, Arcli. G.).
4. Bonaparte au g"' Haquin, 28 avril (Arch. G.). 11 devait y avoir une garnison de 600 11. à Ceva, oOO ;), Mondovi, 1 il 800 à Cherasco. Haquin correspondait directement avec le général en chef, et ses pouvoirs pour la police, les approvisionnements, les communications, l'entretien des ponts, étaient des plus étendus. Il devait correspondre fréquemment avec le g'i Macquard, chargé, à Coni, de fonctions analogues. La 8H« (alors ^d'), devait tenir garnison à Coui avec le g"' Macquard ; la 12» provisoire a Mondovi ; la 22» à Ceva ; la 3.> a. Cherasco ; quant à la 30° (alors 4G«), elle devait former ia garnison d'Alexandrie et de Toitone (Bonaparte à Sérurier, 28 avril, Arch. G.).