Bonaparte au Directoire, 27 avril (Arcli. G
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à cet effet. » Enfin il termine par ces formules de dévouement et de soumission dans lesquelles il excelle : « J'ai justifié votre confiance et l'opinion avantageuse que vous avez conçue de moi ; je chercherai constamment à vous donner des preuves du zèle et de la ferme volonté où je suis de mériter votre estime et celle de la patrie. » Aussi, déclare-t-il sans ambages : « Si vous me continuez votre confiance et que vous approuviez ces projets, je suis sûr de la réussite : l'Italie est à vous'. » Il ajoute môme cette promesse : « Je parviendrai à faire tout ce que vous voudrez*. » Ainsi, « ces messieurs » du Directoire sont prévenus ! Bonaparte les servira, mais à sa guise et à son heure.
Comment au reste ne pas pardonner? Comment ne pas applaudir un général si irrésistiblement victorieux et si modeste, qui récolte, rien qu'à se baisser, rien qu'à paraître, gloire et richesses, et ne réclame rien pour lui, toujours prêt à courir à l'aide de ses rivaux? Il faudrait une véritable mauvaise grâce ou une âme bien noire pour prêter au jeune vainqueur des calculs d'ambition personnelle si éloignée de son langage empreint d'une singulière déférence.
Et d'ailleui's Saliceti, son mentor, Berthier, son répondant, tiennent-ils un langage différent du sien ? Saliceti, stylé en dessous main par Bonaparte, conseille lui aussi, au Directoire d'accepter l'armistice ; il paraît même craindre de voir s'évanouir cette perspective de victoire et de paix, puisqu'il sollicite le renouvellement et l'extension de ses pouvoirs afin de négocier et de ne point laisser échapper l'occasion inespérée qui s'offre % comme s'il redoutait un recul de la part du roi, si l'on ne saisissait pas au bond ses propositions. Il voudrait môme qu'on réunisse les deux armées, celle d'Italie, celle des Alpes, sous Bonaparte*.
Berthier, le sage Berthier, qui écrit : « Je suis très content du général Bonaparte ; il a des talents ^ » ; qui n'est pas homme à s'emballer, conseille lui aussi à son ami, le général Clarke, chef du cabinet militaire du Directoire, d'appuyer le projet de traité, disant qu'il serait « avantageux d'accorder la paix au Piémont" ».
Une voix louangeuse, hyperbolique, une grosse voix de gascon gasconnant va retentir aux oreilles des Directeurs, devançant même celles de Joseph et de Junot, la voix d'un « vrai acteur de