‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 411 sur 622 · C. Roberti, p · texte numérisé non relu

C. Roberti, p

le faire mettre en liberté, dans l'espoir de complaire à Bonaparte '.

A Coni, et dans quelques autres villes, Baratta et Campana, aidés de Vincenzo Manno,de Borgarino, de Trombetta, de Grandi et Carlo Botta, avaient tenté sans grand succès de se modeler sur Bonafous et sur Ranza *. Il était visible que <<■ l'écume seule et non l'eau profonde » avait été remuée ^ ou que le courant était déjà tari.

Bonaparte n'avait qu'à retirer sa main pour que toute effervescence se calmât, c'est ce qu'il fit avec désinvolture, sans souci d'exposer aux rancunes et aux vengeances de la Cour les « perturbateurs », dont il avait pourtant excité les passions, allumé les convoitises et favorisé les manœuvres*. A-t-il une excuse? Une seule. C'est qu' « il n'y a pas en Piémont la première idée d'une révolution et la France ne voudrait pas, je pense, en faire une à ses frais ^ ».

On peut invoquer, en outre, à la décharge de Bonaparte, que la nécessité de ne point interrompre la marche contre Bcaulieu s'opposait à ce qu'il soutînt les éphémères créations de la démocratie piémontaise. Il avait à poursuivre un butautrement difficile et pressant que de s'attarder aux chimères de Ranza et de Boni> fous et de s'associer à leurs amusements patriotiques.

Si Beaulieu, après de vains essais d'escroquerie à Tortone et à Alexandrie, était allé s'abriter derrière le Pô, son armée n'en était pas moins menaçante pour les Français, et d'ailleurs ou avait bien pu abattre le Piémont avant l'Autriche, mais vaincre, anéantir l'Autriche, l'expulser hors de l'Italie, reslaitl'articlecapital du programme de Bonaparte comme de celui du Directoire.

1. Bonafous fut arrêté à Castiglion-Faletto. Ranza, l'avocat Pricco, et Salfi (?) étaient partis auparavant (G. Uoberti, p. 87 et 88). Bonaparte écrivit au duc d'Aoste pour le remercier de la mise en liberté de Bonafous, qu'il avait désavoué dans une lettre au Ministre di Priocca (g»' Pinelli, t. Il, p. 20), « la conduite du roi à l'occasion de M. Bonafous est digne de lui ». [Lettre du 3 juin 1796; Arcli. G.)

2. D'accord avec les républicains d'Alba, Campana et Baratta clierchèrent à soulever Borgo San-Dalniazzo, Boves, la Chiusa, Pevcragno, Cervasca ; Banza se rendit même à Coni au Comité révolutionnaire, pour rédiger une adresse à Saliccti, qu'il porta à Milan avec le capit"» Brocliieri, de Saluées (G. Roberti, p. 87 et 88).

3. Vittorio Fiorini : I Francesi in Italia [La Vila Itatiana, p. 177).

4. Cimpaucà, Régis, l'avocat Pelizzeri furent arrêtés ; l'agent de France Villetard obtint qu'ils fussent relâchés (G. Roberti, j). 88). — A plusieurs reprises, Bonaparte prit l'engagement de réfréner les agissements des patriotes piémontais qu'il avait excités sous main, tant à Alba qu'à Coni; voir notamment lettre au g"' de La Tour, du 4 mai 1796; réponses à une note de San-Marzano, 21 mai ; lettre au duc d'Aoste, 3 juin (Arch. G.).

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