Bonaparte à Le Tourneur, G mai (Arch. G
4. Berthier les évaluait à 2,000 li. tués, 3,000 lilessés, 10,000 prisonniers (lettre à Clarke, 6 mai; Arch. G.). — Dans un état officiel des prisonniers dei)uis l'ouverture de la campagne jusqu'à Lodi, il en compte 11,88G (lettre à Clarke, 18 mai; Arcli. G.).
5. G' Riistow, p. 121; Masséna, p. 37; ce dernier ne compte que vingt bataillons et vingt-six escadrons sous Beaulieu.
G. Bonaparte croyait à la jirésence de G.UOO cavaliers (lettre au Directoire, 6 mai; Arch. G.) ; le cliitTre de Riistow qui travaille d'après les documents de source autrichienne parait plus exact; cependant trente-huit escadrons, à 120 h. en moyenne, doivent donner plus de 3,400 il. Napoléon, dans ses Campagnes d'Italie, suppose que Bcaulieu tut renforcé alors par « une division do réserve de dix bataillons, ce qui lui donnait une armée égale à l'armée française ». Qu'il ait ou non reçu des renforts, son elfuctif ne devait pas dépasser 22,000 li., au plus 25,000.
La position de Beaulieu n'était pas aussi défectueuse qu'on l'a dit. Il eût été évidemment préférable de tenir fortement les deux rives du Pô, en se portant plus à l'Est vers Plaisance et en lançant en avant de nombreux éclaireurs sur les routes qui conduisent à celle ville, au défdé de Stradella par exemple ; en jetant tout au moins un pont vers Cornale, afin de pouvoir rapidement se déployer sur la rive droite. Mais Beaulieu avait pris au sérieux les menaces de Bonaparte sur Valenza et entendait ne pas s'en écarter. Au surplus, quelque position qu'il occupât, ce ne pouvait être qu'une position de manœuvres, d'expectative, et dans aucune autre, il n'aurait pu se flatter davantage d'empêcher une armée de passer. Celle où il s'était abrité aurait pu être bonne, si « d'une position morte, il avait fait une position vivante' », et s'il s'était ménagé un passage sur l'autre rive, en jetant un pont a San-Zenone et mettant une tête de pont à Port Albera, ce qui lui eût permis de commander le défilé de Stradella-.
S'il n'avait pas été hypnotisé par la feinte de Bonaparte, il aurait pu, avec une résolution et une rapidité peu communes, il est vrai, se jeter à temps sur le flanc des colonnes françaises en marche; ou, en opérant un simple demi-tour, quand elles auraient eu franchi le Pô, les couper de leurs communications et les anéantir en Lombardie. Au lieu de cela, Beaulieu se croisa les bras et attendit passivement l'orage.
Bonaparte avait d'ailleurs pour lui la supériorité numérique et la supériorité morale que donne la victoire. Il devait, pour ne pas donner l'éveil à BeauUeu, agir avec une célérité sans pareille. On pouvait l'accuser de témérité, mais jamais de lenteur*. Toutefois, lallait-il au moins « avoir pour soi les chances du calcul* », et ne rien risquer à l'aventure, car il. n'y a que « les militaires des clubs qui croient qu'on passe de grandes rivières à la nage " », et « le moyen d'aller vite n'est-il pas d'aller doucement " » ?
Il importait, au moment de laisser le Piémont derrière soi, de