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2. Napoléon dit 20 lieues clans ses Observations su?' les opérations militaires des cnmpaf/nes de 1796 et 1/97 en Italie; il ne parle plus que de 18 lieues dans ses Noies sur le Traite' des grandes opérations militaires par le général baron Jomini, dictées à Sainte-Hélène au g'' de Montholon.
l'on risquait d'ailleurs de se heurter, en débarquant, à roccupation autrichienne, menaçante pour le succès d'une opération aussi délicate que le passage d'un large fleuve', plus large encore à Crémone qu'à Plaisance.
A la vérité, en débouchantvis-à-vis Crémone, Bonaparte tournait l'importante ligne de l'Adda qu'il lui fallut forcer à coups de canon trois jours plus tard, et cela en plus des lignes de la Sesia, de l'Agogna, du Terdoppioet du Tessinqu'iltournaitdéjà à Plaisance. Mais cet avantage était compensé par l'inconvénient majeur qui résultait de la prolongation de la marche pendant une journée au moins. Reculer la date d'un passage aussi chanceux que celui du Pu, c'était laisser à Beaulicu la faculté d'être éclairé soudain sur les projets de Bonaparte et de se jeter à sa rencontre avec ses masses concentrées qui l'auraient écrasé en cours de manœuvre et dans l'état d'éparpillement produit fatalement par l'opération du passage. Bonaparte pensa que lorsqu'on doit risquer de telles marches, du moins « il faut les faire les plus courtes possibles et avec rapidité - », et il pensa bien.
Pourquoi d'ailleurs, si l'avantage de tourner l'Adda était si essentiel, pourquoi ne pas descendre le Pô, plus bas, encore plus à l'Est, vers Borgo Forte ou Ostiglia par exemple, ce qui eût tourné bien d'autres rivières que le Tessin et l'Adda, telles par exemple que l'Oglio accru du Mello. du Serio et de la Chiesc, et telle que le Mincio, et la forte place de Mantoue ? L'absurdité d'un te} plan ressort de son exposé même. Si Bonaparte avait commis la folie de l'adopter, c'estalors que ceux quiluireprochent d'avoir manqué de hardiesse en ne passant pas à Crémone auraient beau jeu pour l'accuser, avec raison cotte fois, d'avoir entrepris, loin de sa base de communications, une manœuvre aussi aventureuse, aussi téméraire.
Au surplus, la possession de la ligne de l'Adda, dût-il l'acheter ensuite par une affaire aussi meurtrière que le fut celle de Lodi, avait moins d'attrait à ses yeux, moins d'importance politique, que celle de Milan, la grande et belle capitale de la Lombardie, où l'appelaient les vœux de tous les libres esprits de l'Italie. A Crémone, on s'en éloignait; on en était séparé par l'Adda*. A Plaisance on était sur la route la plus directe et la plus courte. L'en-