‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 456 sur 622 · G' Piiistow, p · texte numérisé non relu

G' Piiistow, p

3. Alors que selou Kiistow (voir plus haut), Beaulieu n'aurait pas dépassé Ospedaletto et qu'il y aurait rei;u coup sur coup, l'avis de la défaite de Liptliay et de celle de Scliiihirz, le g"' Joinini, p. 118,anirine que Boaulieu avait atteint dans la nuit du 8 au 9 mai Casalpusterlengo, avec neuf bataillons et deux escadrons, seul reste de son armée, et que c'est là (|u'il dissémina encore ses faibles forces en les morcelant eu six détachements : un bataillon sur Sonna, un sur Somaglia, deux sur Fombid, deux à la recherche de Lipthay, dont on était sans nouvelles, trois avec lui à Gasalpusierlengo, une partie de la cavaleiio sur Godogno avec Schûbirz. Gette dislocation des forces autrichiennes indiquée par Jomiiii doit être exacte ; toutefois il parait peu i)robable que Beaulieu, avec sa lenteur habituelle, fi'it arrivé jus(|a'à Gasalpusierlengo. En tous cas, l'assertion réitérée de Riistow, puisée aux sources autrichiennes, de la présence de Beaulieu à Ospedaletto, nous paraît devoir être acceiitée de préférence à celle de Jomiui, de quelque autorité que soit cette dernière. Jomini assure en outre que c'est intentionnellement que Beaulieu profita de la nuit pour surprendre Codogno et rétablir ses communications avec Liiitbay. Il est plus vraisemblal)le qu'il avait lancé des colonnes dans diverses directions, uniquement pour avoir des nouvelles des Français et de ses ])ropres troupes, et que c'est à l'étourdie que la brigade Schiibirz vint donner sur Codogno qu'elle croyait sans doute encore occupé parles Autrichiens.

4. C'est l'heure lixée par le récit do Riistow, qui émane des documents autrichiens, bien informés sur les faits et gestes de leur armée. Elle cadre avec l'Historique de la 51« demi-l)rigade (Arch. G.), qui dit «(ue c'est à 9 h. du soir qu'elle reçut l'ordre d'aller de Fombio à Codogno ; comme il y a environ 3 kilomètres outre ces deux localités, il devait être en elfetlO b.,(|uand la .'il" dr-boucha sur Codogno. Cependant Landrieux, témoin oculaire, dit dans soS Mémoires, p. 1S6, qu'ils furent dérangés

approcha de Codogno. Il faisait nuit noire ; partout l'ombre et le silence. Les Autrichiens se hcurtC'rent soudain à des sentinelles françaises, puis aux avant-postes qui firent feu dans l'obscurité, tirant au jugé sur les masses dans les ténèbres. A ce moment, s'engageait dans la rue principale de Codogno la 51" demi-brigade (alors 99"), qui venait de Fonil)io,s'avançant« avec sécurité », sans aucune des précautions usitées, persuadée que les bataillons de grenadiers qui la précédaient occupaient Codogno, ce qui la mettait à l'abri de toute surprise', alors qu'une maixhe de nuit, accomplie à si proche portée de l'ennemi, eùte.xigé des mesures de préservation spéciales. Le général La Hai'pe, à peine de retour de la poursuite sur Pizzigbettone, finissait de souper avec le comte Lambcrti, dans la maison duquel il logeait*, lorsque éclatèrent les premiers coups de feu. Il se lève de table et saute à cheval, ainsi que ses convives du dîner, le colonel do hussards Landrieux, l'aide de camp Lahoz, le commissaire des guerres Lavergne et leurs ordonnances. Ce groupe de 7 cavaliers s'avance vers la grande place afin de s'enquérir des causes de la fusillade '.

par un canonnier ivre ijui réclamait sa piocR et que Lahnz le mit à la porte, croyant (jue la nuit très noire l'empêchait de la distinguer 11 riait alors minuit, dit-il. Bonaji.nrte (lettre au Directoire, !) mai, Arcli. G.), dit qu'un corps de 5,000 h., parti de Casalpusterleiiso à 4 li. du soir, arriva vers "2 h. du matin à Codogno. Dans les Campagnes d'Halte, dictées à Sainte-HiMène, Napoléon ne précise pas l'Iieuro de la surprise de CodoLrno, mais il constate qu'on apprit la mort de La Harpe au fiu.utier général à 4 h. du matin ; ce qui peut la li\er a 2 li. comme dans sa dépêche au Directoire. Les autres auteurs, Jniiiini, Botta, ne précisent pas l'heui'e. Les Mémoires de Masséiia copient Bonapaite et tixciit la surprise à 2 h. du matin. Il semhle que les heures indiquées par rilistori(pie de la 51', contemporain des événements, et par liiistow, parlant d'après les témoignages autiichieiis contempoiains. soient les plus exactes. Landiieux, écrivant longtemps apiès l'atlaire, a pu, bien que té'moin oculaire, en raison de l'épaisseur des ti-iièhres, se troin|)er sur l'heure, au moment même, et à plus forte raison plus tard. Quant à Bonaparte, en reculant l'attacpie de Scluibirz à une heure aussi tardive (pie 2 h. du matin, n'a-t-il pas voulu expli(|uer, excuseï', jusiifier ou pallier la surprise et le dé^sordie de la division La Harpe, plus comprélieiisihles à cette heure indue qu'à 10 li. du soir, même après une journée de eoniliat, surtout avec les instantes recommandations (pii avaient été adressées à celui-ci? Il faut convenir d'ailleurs qu'en adoptant 4 h. du soir, heure donnée par Bonaparte, comme celle du départ de Schiihirz de Casalpusterlengo, ce général, dont le corps était en majeure partie composé do cavalerie, aurait mis un temps inliniment long, même en tenant compte de l'obscurité, à i)arcourir les 6 kilomètres environ qui séparent Casalpusterlengo de Codogno, en n'arrivant sur cette ville qu'à 2 h. du matin. Dix heures pour faire une étape de 6 kilomètres, même de nuit, avec une cavalerie aussi bien montée, aussi supérieure à la notre ipie la cavalerie autrichienne, ou même par des fantassins, ce ne serait [las lui prêter un grand tour de force. C'était bon à conter au Directoire, et encore il y avait là Carnot qui n'aurait pas dû être dupe. Alais sous prétexte de fatigues et d'occupations, on n'envoyait ni plans ni cartes qui auraient permis de s'y reconnaître. Voir lettre Berthier à Clarke, 9 mai (Arch. C).

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