Bonaparte au Directoire, 9 mai (.\rch. G
administrateurs de l'armcc qui se réjouissent d'avoir quelques décades à rester à Plaisance, « ville, sans contredit, la plus agréable d'Italie », etqu'il compte entraîner, «à une heure après minuit, pour aller occuper des granges au delà du Pô ' » l
Mais, comme, chez Bonaparte, la gaîté n'a qu'un temps et que le service ne perd jamais ses droits, il reprend vite sa mine sérieuse et grave pour veiller aux intérêts de son armée. Bien que celle-ci soit « toujours à faire peur », malgré que « le soldat ne mange que dubon pain de Gonesse, bonne viande eten quantité, bonvin, etc. » et que « tout engraisse »; bien qu'il ait encore à faire « souvent fusiller, car il est des hommes intraitables qui ne peuvent pas se commander^», il ne suspendra pas un instant sa marche pour j-eposor ni habiller ses troupes. C'est déjà trop d'avoir laissé s'écouler la journée du 9 sans s'être élancé aux trousses de Beaulieu, en raison du désarroi causé par l'alarme nocturne de Codogno; il faut reprendre de suite le contact avec l'ennemi.
A vrai dire, ou n'aurait guère pu marcher plus rapidement. Le passage du Pô par l'armée entière n'est point terminé et ne s'achèvera que dans la journée du lendemain. La division Masséna, quia eu à franchir 80 kilomètres sans chaussures, opère seulement son passage,le9,à2,000h. près,etcejour-là, la division Sérurier, qui a eu 100 kilomètres à parcourir, est encore à Tortone d'où il lui faudra exécuter, le 10, une marche forcée exceptionnelle pour francliir le fleuve au bruit du canon de Lodi.
Le 9 mai au soir, il y a donc, en plus que la veille, sur l'autre rive du Pô, la division Augereau qui a entièrement effectué son passage à Veralto et la division Masséna qui a, à peu près, terminé le sien sous Plaisance. L'armée occupe tout le terrain