‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 477 sur 622 · Ou celle de Wukassovich, d'après Jomini, p · texte numérisé non relu

Ou celle de Wukassovich, d'après Jomini, p

Beaulieu, le major Malcamp '; SeboltcndorlT, loin de presser la retraite de ses colonnes, comme le Ini dictait l'approche imprévne de l'avant-garde française, établit son infanterie, face à Lodi, sur deux lignes parallèles et braqua, pom" enfiler le pont, six pièces de canon ; huit autres pièces postées, à droite et à gauche plus en arrière, croisaient aussi leur feu sur le pont.

Malcamp, si tant est qu'il fut l'inspirateur de cette mesure, en imposant à Sebottendorff la résolution de combattre dans de telles conditions, ajoutait une nouvelle faute à toutes celles déjà entassées par Beaulieu. La défense delà ligne de l'Adda n'avait chance de réussite que si Beaulieu l'eût tentée avec l'ensemble de ses forces. Loin de là , après avoir laissé battre isolément son aile gauche avec Lipthay, il éparpillait et fractionnait son centre, il laissait inactive la majeure partie de ses troupes, à l'aile droite, sur le Tessin. C'était vouloir embrasser trop de terrain et s'obstiner dans le funeste système de dissémination qu'une grande et nombreuse armée peut se permettre, mais qu'une armée aussi réduite que celle de Beaulieu ne peut adopter qu'au risque de faire battre les uns après les autres les trop nombreux et trop faibles détachements qu'elle aura formés.

Les dispositions tactiques prises le long de l'Adda étaient d'ailleurs vicieuses. Outre que l'on ne doit garderies passages au delà d'une rivière que « lorsqu'on est en mesure de prendre l'otTensive », et que, dans la défensive, on s'expose à se voir enlever le poste ou à combattre avec la rivière à dos, la ligne de Sebottendorff était trop étendue et déployée trop près de la rivière pour être en état de recevoir, « toute formée », les premiers échelons ennemis débouchant d'un étroit défilé, partant peu nombreux et en désordre. Aussi peu éloignée du pont, elle s'exposait à se voir coupée par le milieu, si son centre faisait face au pont, ou tournée par une de ses ailes dans le cas contraire, sans pouvoir accabler de loin les groupes successifs qui s'odVi l'aient à découvert à ses coups. C'était vouloir attirera Sebottendorff « une mauvaise affaire- ».

Il est vrai que Malcamp ne s'imaginait pas que les Français pussent oser faire une tentative pour passer le pont', et comptait, par la seule présence de l'arrière-garde autrichienne sur la rive

1. Ainsi que l'assure le c' Graham, p. 228; et que le rapporte Jomini, p. 123. Cet tfiicier, que Graliam appelle Melcainp est qualifié de colonel par Jomini, appelO coinnul Mylcjilin [)ur Carlo Botta, Melcam par Cnsani, Malcolm par Tivaroni, et aussi Moelcamp, se nommait en réalité le baron Malcamp. Malgré sa parenté avec Beaulieu et son titre (l'aide de camp, son grade ne lui permettait de commander qu'en sous-ordre, alors que Sebottendorff et autres olïiciers présents étaient ses suitéricurs.

2. G"' .loinini, p. 123 ; c' Dusaert, t. II, p. 142 ; m»' Marmont, p. 173.

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