Ibidem
4. Cl Dusaërt, t, II, p. 142. II appelle ce lieu Ceredo ; les Mémoires de Masséna, p. 63, le dénomment le couvent du Credo et signalent que trois liataillons autricliiens y assuraient la liaison de Sebottendorll' avec Beaulieu, alors campé à Formigara. jomini, p. 122, y place à tort la brigade Nicolctti qui, de Cereto, était venue eu première ligne à Revcllino.
5. Le c' Grali.im, p, 232, blâme sévèrement Bonaparte de ne pas avoir choisi d'autres dispositions qui lui auraient permis de franchir l'Adda avec de moindres pertes, et lui reproche d'être si peu avare du sang de ses soldats. Les véritables ?ic« toires, dit-il, sont celles où l'on a perdu le nioius de monde.
qu'il n'avait pas eue depuis un mois, de se mesurer avec l'armée autrichienne dans une alTaire générale d'où celle-ci sortirait irrémédiablement afl'aiblie, et dont les épisodes brillants, en exaltant le moral de sa propre armée, saisiraient les imaginations mobiles (le ces peuples du Milanais, du Parmesan et du Piémont, atterrés sans doute par les premières victoires, mais frémissants, mais incertains, et prêts à se livrer d'enthousiasme au vainqueur, comme à égorger sans pitié le vaincu'.
Pour décider une aussi audacieuse tentative, il fallait être, et Bonaparte était réellement, dans celte ivresse, cette exaltation de la victoire, qui « élèventl'âme au-dessus des calculs ordinaires du raisonnement^ », et où l'esprit ailé, planant sur les hautes cimes, loin des mesquineries et des vulgarités, ne juge rien d'impossible. Aux actes que de si puissants mobiles inspirent, il ne faut pas chercher de motifs terre à terre ; il faut se garder surtout de les taxer de présomption, de les blâmer comme une étourderie ou une légèreté*. De telles conceptions dépassent l'ordinaire sagesse humaine, parce qu'elles sont issues du génie même de la guerre.
Bonaparte se croyait, il est vrai, face à face avec l'armée de Beaulicu tout entière « rangée en bataille ». Il ne disposait à ce moment (midi environ) que des troupes tant à pied qu'à cheval de l'avant-garde et de la cavalerie. La division Augereau s'ébranlait à peine, 29 légère en tète, deBorgheltoetne pouvait rejoindre que tard dans la journée*. La division Masséna, en marche depuis les premières heures du matin, avait près de 10 lieues à parcourir avant de déboucher. Kilmaine, avec quelque cavalerie, s'attardait en arrière sur les rives du Lambro à chercher un ennemi qui avait déguerpi de ces parages depuis le matin ^.
Mais les grenadiers et carabiniei-s étaient des hommes avec lesquels on pouvait ton ter l'impossible et réussir. Un pont à franchir sous le feu, cela d'ailleurs ne rappelait-il pas rétroilesse de ces sentiers, de ces défilés de l'Apennin, où la vaillance individuelle des tètes de colonnes a raison du nombre ; où naguère ces mômes grenadiers, ces mêmes carabiniers avaient défié, avaient vaincu
1. C.ipit"» J.-C. : Journal des Sciences Militaires, mai 1897, p. 27o.