‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 48 sur 622 · Arthur Lévy. Voir phi9 haut note 3, p · texte numérisé non relu

Arthur Lévy. Voir phi9 haut note 3, p

5. L'amiral Decrès répétait à Las-Cases qu'il avait noté le changement survenu dans l'air, le ton de Bonaparte, lorsqu'il le revit, à Toulon après sa nomination du général en chef. « Je cours plein d'empressement, de joie ; le salon s'ouvre; je vais m'élanniT, ([uand l'attitude, le regard, le son de voix, suffisent pour m'arrcter. »iUe/no('(((/, 1" au 6 sept. 1815 ; Stendhal : Napoléon, p. 112.

plus le tutoiement obligatoire, sauf avec La Harpe, parfois avec

Augcreau.

Aux yeux des moins disposes à incriminer ses origines, à critiquer la façon dont il a capté la confiance du Directoire; à ceux qui se refusent à voir dans son mariage naïf avec une coquette défraîchie le prix dont il a acheté sa nomination de généraUssime, il est tout au moins ime sorte de « général au rabais ' » qui s'olTi'e à risquer la partie, sans fatiguer, comme Ta l'ait ce geignant do Schércr, le gouvernement et les ministres de ses incessantes quémanderies de subsides et de renforts. Aussi lui livrc-t-on une « armée de rehut - » à ce « général au rabais » ; on ne l'aide en rien à la relever. Il accepte tel quel ce commandement secondaire jusqu'alors, que peu de ses collègues lui envient. Sera-t-il plus heureux sur ce terrain que ses devanciers ? Il est permis d'en douter, si l'on n'examine que son passé, ses services ; si l'on n'a pas vu et jugé lliomme lui-même.

Cette jaune et sévère figure est d'ailleurs transfigurée. L'amour a accompli ce miracle ; oui, l'amour. Bonaparte qui n'a pas encore aimé, aime comme un écolier cette suave Joséphine « un peu fanée... mais si bonne, si bonne, que pei'sonne ne l'égale dans la complaisance ^^ . L'a-t-elle choisi pour époux parce qu'elle est dégoûtée d'être la maîtresse en second d'un homme qui n'a jamais aimé aucune femme *? Qu'importe? Il aime avec la ferveur et la naïveté d'un cœur qui s'ouvre, cette coquette raffinée, experte et rouée, celte « fière enjôleuse ^ » dont la grâce et l'indolence créoles, et la provocante maturité, ont si fort impressionné ses sens. Sa nature rude et sauvage est séduite, loi des contrastes, par celle nature « fondante », voluptueuse, toute en douceur câline et enveloppante ^ Il aime vraiment, violemment, exclusivement, cette séduisante Yéyelte, qui en dépit de ses années et de ses aventures, passe encore, non sans raison, pour une «enchanteresse'». Sa tendresse violente pour cette mère de deux grands enfants qui a perdu sa fj-aîcheur « ressemble à un

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