Lautuur-Boisinalieu ; voir sa notice aux annexes
4. Bonaiiarte signale comme s'étant particulièrement distingués, ses aides de camp Marmont (|iii eut un cheval Jdessé sous lui et prit un canon; Le Marois qui eut ses habits criblés de balles, ainsi que Bertliier, Sugny, l'adj"' g"' Monnier; le lieut' Ueille (qu'il éei'it Uey), aussi aide de camp de Masséna, Thoiret, et il demanda de l'avancement pour Lautour, lloille. Monnier et Thoiret.
L'adj"' g»' Valeri eut son cheval blessé de coups de sabre. Le capit"» Ghallut, de la 2T« légère avait entraîné avec vigueur son bataillon (Claude Challut, né à Annecy, 2 juin 1771 ; tué à léna, 14 octobre 1806).
5. En comptant les quatorze pièces en batterie contre le pont; celle enlevée le matin par le 10' chasseurs dans les rues de Lodi, et celle prise par Marmont le soir pendant la poursuite, on a un total de seize canons. Le c' Riistow, n'en compte cependant que quatorze avec trente chariots dé munitions et le g»' Jomini quinze ; par contre, Bonaparte qui a voulu voir vingt pièces en batterie au débouché du pout, ne peut se déjuger et mentionne la capture de ces vingt pièces ; a Sainte-Hélène, il en compte vingt cinq à trente; il y ajoute même plusieurs drapeaux; Saliceti en annonce 2:i au Directoire (lettre du 11 mai ; Arcli. G.).
6. Les adjoints à l'état-majur Tuliii et Dériot étaient alternativement présents aux embarquements, soit de jour, soit de nuit. Le lij» dragons devait passer le dernici' de la cavalerie (il concourut cependant à l'alVaire de Lodi*, avec l'adjudant général et l'aide de camp de Kilmaine. Sérurier ne faisait jiasscr le Pu ([u'à l'une de ses brigades pour relover au débouché du pont volant la 25" qui devait se rendre de suite à Casalpusterlengo ; ses autres troupes l'estaient autour de Plaisance.
7. G"' .Ménard à Bonaparte, par deux lettres du H mai (Arch. G.).
de temps pour se livrer aux réquisitions liabituelles, faire ni ai a basse sur le trésor de San-Bassauo et sur les richesses des noml)reuses églises et du Mont-de-Piété de Lodi '. On peut supposer qu'en dépit dos fatigues exceptionnelles de cotte journée, son exemple fut imité par les soldats qui se livrèrent au pillage des maisons ; car, ce ne fut que le lendemain que l'on put prescrire des mesures d'ordre pour l'empêcher. L'évoque de Lodi, Délia Berotta^ qui liébcrgea au palais épiscopal le généi-al Dujard, commandant l'artillerie de l'armée, découvrant en lui un brave homme, peu enthousiaste des « principes et des façons démocratiques qu'il abhorrait en secret», conçut pour ses ouailles quelque espoir que les procédés de Saliceti dissipèrent rapidement '.
Ainsi se termina cette radieuse journée du 10 mai 1796, où commença pour la France, ii son insu, une ère nouvelle; où l'étoile du jeune Bonaparte, jusqu'alors voilée de nuages, étincela au (h'mament avec un éclat sans pareil; où sa fortune encore incertaine, coupée qu'elle fut de tant de traverses et d'éclipsés, prit son définitif essor.
« Vendémiaire et même Montenotte ne me portèrent pas à me croire un homme supérieur. Ce n'est qu'après Lodi qu'il me vint dans l'idée que je pourrais bien devenir, après tout, un acteur décisif sur notre scène politique. Alors naquit la première étincelle de la haute ambition * .»
« Ce n'est que le soir de Lodi — ainsi le confesse ingénument Bonaparte — que je me suis cru un homme supérieur et que m'est venue l'ambition d'exéculer les grandes choses qui, jusque-là, occupaient ma pensée comme un rôve fantastique *. » « A chaque
1. Cusani, p. 344: Ludovic Sciout, p. 642; Eus. TiolarJ, p. 116 à 118.
2. Mons,cigiiciii' Oella Beretta, no eu 1733, « d'une famille i)aliicieuue de Milan « était depuis 1784, évèipie de Lodi. Il pariait él('j,'ainn)ent le fianrais ; c'était d'ailleurs un Orudit très versé dans l'histoire et rarcliéologic. Le 8 mai, il était allé à Godoiino pour ses devoirs épiscopaux; et, sur le conseil de Liptliay, il dut retourner de suite à Lodi. Pendant la bataille, il s'enf'eima priant dans son oratoire, avec ses domestiques, jus(|u'à l'arrivée des Français qui cnvaliirent sa demeure. Il mourut le 16 février ISIB (Cusani, t. IV, p. 341 et342).
3. Ciisani. t. IV, p. 342; d'après le manuscrit Cennl storico-cronoloffici du prêtre Lanqiuj;nani, secrétaire et exécutcui- testamentaire de Monseigneur Dclla licretta, dont il écrivit en quelque sorte, sous cette foi'me, la biographie, autant qu'une chronologie locale du diocèse.