‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 5 sur 622 · INTRODUCTION XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XI

vit oclore cette incomparable réunion d'hommes qui, en moins de vingt années, renversa ou créa plus de trônes que César ou Alexandre n'en échafaudèrent jamais dans leurs plus ambitieuses conceptions. Ce n'est pas encore une armée de soldats; c'est le peuple debout, en armes, pour la défense de ses droits et de ses libertés, le peuple gaulois, léger, rieur, turbulent, que Bonaparte mène à la conquête de l'Italie. C'est aussi la pépinière obscure et sacrée où germent tant de maréchaux, de généraux et d'officiers, dont les noms éclatants sont désormais impérissables, et qui s'appellent Masséna, Berthier, Augereau, Lannes et Murât'.

Ni apologiste, ni détracteur, nous nous proposons de retracer simplement, impartialement, leur œuvre, celle de leur chef, sans autre souci que celui de la vérité, convaincu que Ton peut, sans offenser la grande ombre de Napoléon Bonaparte, sans outrager sa mémoire, ne rien celer de ses faiblesses, ne rien pallier de ses fautes. Il est de ceux qui n'ont rien à craindre de la vérité, car <« il grandit à mesure qu'il devient plus vrai- » et ses plus acerbes, ses plus acharnés ennemis « mordront sur du granit ^ ».

1 . Des dix-huit maréchaux de la grande rjromotion de 1804, neuf servirent à l'armée d'Italie. Trois ofiiciers d'Italie devinrent maréchaux de l'Empire après 1804, deux autres après 1830.

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