‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 500 sur 622 · Ibidem · texte numérisé non relu

Ibidem

je ivfùre de fous mes pas aux commissairos du gouvcrnonient ; s'ils ont di'oit de cliaiigci' mes mouvemeiUs, dem'ùterou de m'envoyer des troupes, n'attendez plus rien de bon. »

« Il est indispensable que vous ayez un général qui ait entièrement votre confiance. Si ce n'était pas moi je ne m'en plaindrais pas.... cliacun a sa manière de l'aire la guerre. Le général Kellermann a plus d'expérience et la fera mieux: que moi; mais tous les deux ensemble nous la ferons fort mal '. »

Un tel langage, si vrai, diiïère du tout au tout du langage soumis, presque craintif, qui régnait dans ses dépêches, même au lendemain de Cherasco. « Il élève tous les jours davantage son ton eu proportion de ses victoires-. » Il le sent et, quelque aplomb que lui ait donné le prestige de la victoire, il veut en atténuer la vivacité :« Je sens qu'il faut beaucoup de courage pour vous écrire cette lettre ; il serait si facile de m'accuser d'ambition et d'orgueil ! Mais je vous dois rex|)ression de tous mes sentiments, à vous qui m'avez donné dans tous les temps des témoignages d'estime que je ne dois pas oublier. » Mais il n'en persiste pas moins dans ses conclusions et il soutient eu terminant que couper l'armée en deux tronçons, c'est comme si l'Empereur envoyait à Beaulieu 15,000 b. de renfort^.

Ceci écrit au Directoire collectivement, il adresse à Carnot, sur nu Ion plus familier, une autre lettre explicative comme pour alleraii-d(!vantd'interprélations fàcbeuses. 11 semble qu'il redoute tMicore lu féi-ule des fantoches du Luxembourg qu'alarmerait sa réjioiise si convaincue et si fière; il i)rie Carnot, sur lamilié duquel il croit encore pouvoir compter, de communiquer à ses collègues, s'il en juge ainsi après lecture, la lettre personnelle que Bonapai'te lui écrit; « d'en faire l'usage que vous suggèrelont votre prudence et voire affection pour moi * ».

S'épaucbant plus librementavec Carnot, il se défend par avance contre les accusations, « Si l'on cherche à me mettre mal dans votre esprit, ma réponse est dans mon cœur et dans ma conscience »; il déclare ({u'il doit « à la République le sacrifice de loules ses idées»; et affirme qu'on le trouvera « toujours dans la ligne droite ^ ».

Mais si cette seconde lettre revêt, dans la forme, une certaine apparence de plaidoyer atténuatif ou même d'excuses, Bonaparte y demeure intraitable sur le fond. « Je vous jure, dit-il, que je

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