‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 502 sur 622 · liarras, t. 11, p · texte numérisé non relu

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D'ailleurs, n'est-il pas en réalité d'accord sur les points essentiels? Ce qu'on lui demande, il est prêt à le faire et, pour Taccomplir, on ne diffère que sur des questions d'opportunité. Les vues du Directoire sur Livourne, la marche sur Rome, c'est « très peu de chose ' » ; il ne fait que les ajourner, il ne les rejette pas. « Je

marcherai bientôt Tout cela se fera dans peu de temps * »;

avec de simples « divisions en échelons », qui pourront à la moindre alerte, faire volte-face contre les Autrichiens « par une marche rétrograde * ». On sera même près de Livourne quand la réponse du Directoire parviendra *. Il l'atteste, et si cette réponse n'est pas telle qu'il la souhaite, qu'il l'exige, il faut que le Directoire sache à quoi il s'expose ; qu'il n'ignore pas que Beaulieu, dont cependant Bonaparte prophétise la mort prochaine dans les marais de Mantoue^, que Beaulieu est toujours prêt, toujours menaçant, à la tète d'une « armée nombreuse » ; à la veille de recevoir de l'Empereur « 10, ()()() h. de renforts qui sont en marche " ».

Est-ce le moment d'affaiblir les moyens de Bonaparte « en partageant ses forces » ? Pour lui, il le prédit: « Si vous rompez en Italie l'unité de la pensée militaire, je vous le dis avec douleur, vous aurez perdu la plus belle occasion d'imposer des lois à l'Ilalie". »

Et puis, si l'on a pu lui écrire de ce ton comminatoire, suspendre sur sa tête cette mesure au lendemain de Mondovi, après l'armistice de Cherasco, osera-t-on persister api'ès Lodi? Ce triomphe légendaire, on l'ignore encore à Paris, mais lorsque la nouvelle en parviendra, l'enthousiasme qu'elle soulèvera ne désarmera-t-il pas tous les mécontents, ne subjuguera-t-il pas tous les esprits et tous les cœurs? Qu'on tente, après cela, de déposséder le vainqueur de son conHnan<lement, d'en restreindre l'étendue ! Il peut poi-ter un défi au Directoire, assuré que celui-ci ne le tiendra pas.

Toutciois, il se méfie. Il pressent que ses déclarations pourraient bien être suspectes, que le Directoire peut croire qu'il joue la comédie du désintéressement et que son offre de démission n'est qu'une feinte destinée à effrayer le Gouvernement sur les

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