‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 504 sur 622 · Bertliicr à ChukL', 11 mai (Arcli. G · texte numérisé non relu

Bertliicr à ChukL', 11 mai (Arcli. G

insinuer, par manière de i-aillerie, « cela ne vous fera pas de mal pour l'armée du Rliin ' ». Il a fait passer pour les musées de Paris, « vingt tai)leaux des premiers maîtres, du Corrège et de IMichel-Ange ». Ce n'est qu'une pi-éface pour allécher; il sent qu'il faut maintenant frapper les grands coups, les renouveler souvent, sans cesse, toujours.

Coup sur coup, après la contribution soutirée au duc de Parme qui alleint le cliilTre coquet de 2 millions; avec le cadeau joyal qu'il fait aux Directeurs, de cent chevaux de luxe, « les plus beaux qu'on ait pu trouver », pour leurs carrosses que traînent de poussives haridelles-; voici qu'il envoie une lettre de change de ()oÛ,0(JO livres, captée eu i-oute*. Il soutire au duc de Modène, vieil avare, gros Ihésauriseur, 7 millions et demi, dont trois vont être versés directement dans la caisse de l'armée; les deux aulres quinze joui's plus tard dans les caisses du banquier Balbi à Gènes; le resle dans le délai d'un mois. Modène fournira en outre 2 millions et demi en denrées et munitions; vingt tableaux au choix des Français *. Les vingt tableaux pris à Parme, promis déjà au Dii-ectoire, dont le Saint-Jérôme qui vaut ^200,000 livres, s'acheminent versPai'is^. Il promet d'en ramasser autant à Milan ". Le duc de Parme est d'ailleurs homme de parole et paie avec régidai'ilé et pouctualilé sa contribution; il a déjà versé 500, 000 francs sur les 2 millions qu'il doit'. Bonaparte a pu faire passer à Tortone « pour au moins 2 millions de bijoux et d'argent en lingots'*». li frappera la Lonihai-die « pour les besoins de l'arnu'e », d'un tribut de 20 millions; sans conipler le drap, les habits, les culottes, les chemises, les chapeaux, les chevaux qu'on réquisitionne par milliers". Ce n'est pas tout; voici la dernière fusée, le bouquet de ce feu d'arlilice d'un nouveau genre : « 2 millions en or sont en route, en poste,

poiii' se rendre à Paris Le ministi'e des finances peut tirer

des lettres de change pour 4 ou o millions qui sei'ont exacte-

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nonnparle ;i Cariiot, 9 mai (Arcli. G.). lîoiiapaite au Directoire, l«'.juiii (Arcli. G.).

« Je vous lais passer une lettre de eliange, adressée à M. Dcvcaux, trésorier des étraiiiçers » (IJoiia|iarte au DiiTetoiro, 16 mai; Arcli. G.J. Arriiislice accordé au duc de Mudeiie, 17 mai (Ai'cli. G.). Miiuaparte au Directoire, 18 mai (Arcli G.J et État des objets désignés ])ar le al en cliel' pour être trauspoi'tés a Paris. Ihiileiii.

lloua|)arte au Directoire, 18 mai (Arch. G.I. « Faipoult aur-ait voulu qu'on ne en ]]ayer ;i ce juirrce, mais l'amhassadeur d'Espaijiie à Turin (pii est venu me st convenu ipic nous avions été modérés. Je ne doute pas. cependant, (|ue : i\t: l'arriie rrc porte plainte; mais pour(|uoi n'a-t-il pas accepté la médiation .spa.L'ire ? « - Il l'avait bien acceptée, mais trop tar'd. Jîoiiapaiti^ au Diri'ctoir'e, 18 mai (Arcli G.).

Proi.lainaliiii] au iieujile de la Lombardie, 19 mai; arrêté de Bonaparte et ti, 21 mai (.Vrch. G.J.

LODI \iol

mont soldées '. » Et il a pu on outre faire passer 210,000 livres à Kellermann ; et il ollVe uu million pour iarmée du Rhin -.

C'est une véritable pluie dor, un Pactole monnayé, qui s'abat sans relâche sur le Directoire appauvri, arrosant ses coffres desséchés, coulant entre ses doi<;ts dé'sbabilués du contact de pareils trésors. « C'est 6 à 8 millions en or ou argent, lingots ou bijoux •*», dont il peut disposer librement, sans formalités. Bonaparte, à coups de chiffres, étourdit ses censeurs, jongle si bien avec les millions qu'il compte doux fois les mêmes, en escamote d'autres, ceux de Saliceti, sans qu'au milieu de cette danse folle d'écusetd'objots d'art, le plus solide calculaleurpuisse reconnaître assez tôt qu'il y a autant de fantasmagorie que de richesses réelles dans ces miriljques énumérations.

Comment bouder devant d'aussi irrésistibles arguments?

La flatterie s'ajoute à l'or pour rompre la glace. C'est Carnot qu'il caresse, en le remerciant «pour les attentions que vous voulez bien avoir pour ma femme; je vous la recommande; elle est patriote sincère et je l'aime à la folie *». Il le remercie encore « pour les choses honnêtes que vous me dites. La récompense la plus douce des fatigues, des dangers, des chances de ce métierci, se trouve dans l'estime du petit nombre d'hommes que l'on apprécie ^ .»

C'est Pétiet, le ministre de la guerre, à qui il écrit : « Je vous dois des remerciements pour les choses gracieuses que vous avez dites de moi au Directoire. Cotte marque de votre estime m'est très précieuse. Je désire trouver les moyens de vous en témoigner ma gratitude''. »

C'est Faipoult, l'agent français à Gènes, l'ami de La Révellière. pour qui il choisira « deux beaux chevaux parmi ceux que nous requerrons à Milan ; ils serviront à vous dissiper des ennuis et des étiquettes du pays où vous êtes. Je veux aussi vous faire présent d'une épée ' .»

C'est Clarke, le directeur du cabinet topographique et militaire du Directoire, dont il veut se concilier les bonnes grâces. Il prend pour aide de camp, son jeune cousin, un adolescent blond et imberbe, Elliot, qui a « l'air actif»; qu'il tiendra avec lui et qui sera bientôt à même de se distinguer, do se montrer « digne de

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