‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 505 sur 622 · Bonaparte à Faipoult, 21 mai (Arcli. G · texte numérisé non relu

Bonaparte à Faipoult, 21 mai (Arcli. G

VOUS », digne de cet oncle à qui Bonaparte est « bien aise de faire quelque chose qui lui soit agréable ' ».

Partout, dans tous les rangs, il se ménage des appuis, des sympathies. Il sent bien qu'il n'aura jamais trop d'atouts en main l)our gagner la partie; jamais assez de prôneurs pour mater le Directoire; pour briser ses velléités de révolle, — car à ses yeux le révolté ce n'est pas lui, c'est le Gouvernement ; — pour éteindre les désirs de revanche de ces politiciens dédaignés.

Aussi devant un tel et si unanime concert d'éloges, devant d'aussi aimables façons, devant tant de largesses, la mauvaise humeur du Directoire ne saïu'ait tenir. Barras, qui cette fois intervertit les rôles, se fait contre Carnotle soutien de Bonaparte ; il proteste contre la nominalion do Kellermann et la fait rapporter au bout de vingt-quatre lieures ^. Cette grande colère n'a été qu'un feu de paille, et on aura beau vouloir le rallumer plus en grand par la suite, le brasier est éteint; Bonaparte a souillé dessus et l'occasion est passée. Carnot lui-même, quoi qu'il en pense, se voit forcé de faire amende honorable. Il masque de son mieux la reculade; il tâche de sauver les apparences et, pour la forme, s'obstine encore à prescrire la marche qu'il a indiquée. Mais on sent qu'il est las, vaincu. Il a eu d'ailleurs comme des remords, au moins des regrets, cardes le IG mai, avant d'avoir reçu la fière riposte de Bonaparte, il va au-devant de ses vœux, l'autorise à ajourner toutes les petites entreprises particulières qui peuvent atl'aiblirle gros de l'armée jusqu'à la dispersion totale de l'armée autrichienne ^

C'est bien autre chose quand la nouvelle de la victoire de Lodi est survenue à Paris, et qu'une flambée d'enthousiasme et de joie populaires l'a célébrée par toutes les rues en cris, en chansons, en poèmes, faisant surgir par enchantement aux devantures des marchands d'estampes, dessins et gravures ; aux carrefours, refrains joyeux et danses ; aux théâtres, représentations guerrières avec couplets de circonstance 1

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