‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 514 sur 622 · îy.ipijU'on : Campagnes d'Halle · texte numérisé non relu

îy.ipijU'on : Campagnes d'Halle

5. Stendhal, p. 10, «réflexion historique et profonde ». fi. Garlo Botta, p. 423 h 42.").

lement et aurait fini par étoufTcr en lui les fiers ponsors, déjà engoiii'dis, de ses puissaiils aïeux. Il fallait à sa mollesse un aiguillon, à son sommeil un bruyant appel qui le surexcitât.

Voilà que tout à coup, à 6 lieues de ses murs, éclate la fanfai'e guerrière la plus gaîment sonore que les échos d'Italie aient redite. Une jeune armée, un chef plus jeune encore, ont volé à tire-d'aile des àpi'es montagnes de l'Apennin jusqu'aux rives du Pô et de l'Adda, semant sur leur passage les mots désappris, mais non oubliés, de liberté, de patrie, d'indépendance, le mot magique : llalla, les colorant du reflet de leurs triomphes, les rythmant de leurs chansons joyeuses !

A cette évocation soudaine, les nobles instincts se réveillent. Proférés au delà du Tessin, de tels mots, de tels cris n'eussent pas ti'ouvé d'échos. A ceux qui les auraient prononcés, les Italiens auraient dit avec raison : « Pourquoi n'avanccz-vous pas ' ? »

Mais cette résurrection en paroles de l'antique patrie italienne que l'on croyait morte pour jamais; ce mot (X Italie jeté au vent parle cuivre des clairons français, l'épété par la voix coupante et dominatrice de Bonaparte, retentissant aux portes mêmes de Milan, émut, secoua, la vieille cité guelfe des Sforza et des Visconti. Elle reconnut dans son conquérant, non pas le conlinuatcur de Ludovic le More, son envahisseur d'autan, mais un libérateur et un créateur.

Au milieu de l'oppression autrichienne. Milan avait gardé d'ailleurs quelques vestiges de l'ancienne démocratie qui avaient suffi à y entretenir le goût et les mœurs de la liberté, le tenace esprit guelfe des xu^ et xui° siècles. La Lombardie avait conservé en elTet des privilèges particuliers. Elle possédait des États où siégeaient des députés élus par ses sept jjrovinces ^, souvent opposés au gouverneur et au ministre autrichiens '. Milan, qui avait donné; le signal de la deslruclion de la féodalité, sonné l'éveil de l'esprit communal, se devait d'inaugurer aussi l'ère de la rénovation italienne.

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