‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 517 sur 622 · Cusani, p. 329 et 330; Tivaroni, p. 92 et · texte numérisé non relu

Cusani, p. 329 et 330; Tivaroni, p. 92 et

points d'Italie, Ranza en tête, après son essai avorté de République à Alba, avec Ronafous'. Aux côtés de cet ardent démocrate vercellan se trémoussaient le médecin Giovanni Rasori, expulsé de Parme à cause de ses opinions républicaines : le chirurgien Francesco Cattaneo, chassé de Rergame; Giuscppe Lattanzi, chassé de Rome; le Piémontais Rossignoli, auxquels allaient bientôt se joindre tous les agitateurs d'Italie.

Ils décidèrent d'envoyer une députation auprès de Ronaparte pour le féliciter de ses victoires, l'assurer de la gratitude des Milanais et le prier d'abolir le conseil des décurions « qui ne lirait ses titres que de ses parchemins et favorisait l'Autriche- ». Salvador, Porro et Rasori furent délégués à cet effet.

On ignore le succès de leur mission; il semble toutefois que Saliceti fit bon accueil à ces « trois régénérateurs incomparables de rinsubrie^ », et Rasori en particulier acquit surlui quelque inllueuce*. Ils avaient d'ailleurs été devancés parleurs rivaux, les hommes sages, éclairés, libéraux, qui n'eussent point appelé de leurs vœux une rénovation politique, mais qui, dépourvus de regrets en faveur des Autrichiens, accueillaient avec sympathie la liberté que la France victorieuse leur apportait. En regard de la secte des démocrates purs où brillaient Serbelloni, Sopransi, Porro, auxquels se mêlaient quelques démagogues exaltés, ces hommes, parmi lesquels on remarquait l'histoiien Pietro Verri, le poète Parini, l'illustre jurisconsulte Reccaria, Melzi, formaient un groupe puissant par l'intelligence, le savoir et la richesse de ses adhérents, tous investis depuis de longues années de fonctions publiques, et appartenant pour la plupart au Conseil des Décurions. Ils avaient leur journal, le Ca/fco, et se retrouvaient chaque soir dans le salon de la comtesse Paoiina Castiglioni. Dès le 12 mai, ils avaient délégué deux d'entre eux, le comte Francesco Melzi d'Eril et le comte Giuseppe Resta, à Lodi, auprès de Ronaparte, aiin de saluer le vainqueur, suivant l'usage, et de lui offrir les clefs de la ville, redorées à neuf pour la circonstance. L'ambassadeur ne pouvait être mieux choisi. Melzi, dans la plénitude de l'âge, que de grands voyages avaient préparé aux idées novatrices et que sa haute noblesse, ses relations antérieures avec la cour de Vienne ne pouvaient rendre suspect ni d'esprit frondeur, ni d'ambition déçue, était l'homme d'ailleurs « le plus accrédité par ses lumières, son patriotisme

1. Voir cliai). XI. p. 425, et l'ouvrag-e de G. Robcrti : Il cittadino Ranza.

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