‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 533 sur 622 · Melzi, p · texte numérisé non relu

Melzi, p

rarniée », mais il se gardait d'y mettre un frein. Du moment que les apparences étaient sauves, il fermait systématiquement les yeux. C'était son procédé de tenir à sa merci les fripons dont il ne voulait point être, ni paraîlre dupe. « Les fortunes scandaleuses » de ses généraux, étaient « autant de gages de l'empire absolu qu'il voulait exercer sur eux ». Quant à lui, c'est bien plus haut qu'il visait d'ores et déjà, et « il lui plaisait de demeurer incorruptible au milieu de tant d'âmes vénales, mais il l'était par supériorité d'orgueil et d'ambition plutôt que par vertu' ». Mais s'il se drapait dans sa « simplicité calculée », son entourage, qu'il aiguillonnait volontiers dans ce sens ne s'en ruait qu'avec plus de frénésie à la curée ; sauf peut-être Marmont qui feignait de ne pas comprendre, sans doute parce que lui aussi aspirait plus baut*.

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On avait beau baptiser ces exactions du terme poli d' « extraclions * o, elles n'en pesaient pas moins lourdement sur les classes ricbes et le mécontentement commençait à les envabir. La lune de miel pourtant persistait encore, et l'on continuait à faire risette aux Français. L'emballement du début ne se refroidissait ])as. Les femmes surtout, « guéries du mal de l'ennui* », ne tarissaient pas en effusions plus qu'au premier jour. Milan où toutes les femmes, môme alors qu'elles ne sont point jolies, sont charmantes, Milan comptait alors douze ou quinze dames d'une rare beauté. On remarquait entre autres la belle marquise Francesco Visconti-Ajmi, « grande, belle * » qui devait si longtemps enchaîner le cœur de l'austère Berthier*; M'"^ Sigismondo Ruga, une Diane sculpturale ^ femme d'un avocat, qui devint membre du Directoire Cisalpin ; M'"" Pietra Grua Marini, femme d'un médecin ; M"!» la comtesse Arese ; M"'" Poliastro'* ; M""' Detto^;

, l. Lanfrey, t. I", p. M3 et H4.

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