‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 535 sur 622 · Epigramme XXIV · texte numérisé non relu

Epigramme XXIV

de Rome aiUique enchaîné au char du vainqueur et criant pour l'abaisser sou orgueil'.

L'irascible Dupuy, le fougueux chef de la 32% cédant une fois de plus aux ardeurs de son sang languedocien, enjoignit, par ordre d'ailleurs, à l'artiste de quitter Milan dès le lendemain, à 8 heures du malin, et de s'éloigner du territoire occupé par l'armée, << sous peine d'être arrêté et puni d'une façon exemplaire ». Dupuy ne badinait pas; Berthier plus clément, grâce sans doute à l'intercession de la Grassini, bonne camarade pour Marchesi, permit à l'imprudent ténor de vivre renfermé dans sa maison de campagne-.

Le moment était venu de procéder à une réorganisation polilique de la Lombardie et de donner un corps aux aspirations libérales qui, depuis l'entrée des Français, avaient pris un certain essor sous les prédications réitérées du club et des journaux. Dès le 17 mai, au soir, les Jacobins, qui se réunissaient clandestinement jusqu'alors chez Sopransi ou dans le galetas de la place Fonlana, tinrent publiquement leur première séance, sous le nom de « Société Populaire », rue Rugabella ', dans le palais du prince Rhevenluiller, récemment émigré, local que le général Bonaparte et Saliceti leur concédèrent, en môme temps que leur protection*. C'était le premier fruit de la démarche que Salvador, Porro et Rasori avaient l'aile au-devant de Bonaparte. Le 23 mai, le club publiait le premier numéro du journal de ses séances ^.

Une foule nombreuse accourut, plus par curiosité que par réelle sympathie, à celte première séance où l'on tonna contre la municipalité et le conseil général peuplés d'aristocrates, « qui ne

1 . Bonfadini : La Repubblica Cisalpina, t. I", p. 164, et de Castro, p. "3.

2. Marchesi tlt's.inna par la suite; il refusa bien à Lucien Bonaparte d'aîler chanter à Paris en janvier ISOO ; il était alors à la solde de l'Autriche. Mais au lendemain de Maren;,'0, il sollicita l'honneur de chanter un hymne à la Victoire en présence du Pi-emier Consul, (|ui y consentit. Il Jouait alors au théâtre de Gènes le rôle du dieu Mars diius l'opei'a de Sardi : Il Irionfo délia Libéria. Sous l'Empire, il chanta à Paris, au\ Tuileries, et la Grassini demanda pour lui la croix, en invoquant pour titre, — était-ce i)ure boulTonnerie ? — « sa blessure » !! M Frédéric Masson, p. 90, rapporte le proi)os de la Grassini, mais le place au moment où Crescentini, autre mutilé de l'art, t'nt décoré de la Couronne de Fer.

3. Contrada Rugabella, n» 4226. La via Rugabella partait du corso délia Porta Roniana.

4. Une affiche aux « Cittadini Milanesi », collée sur les murs le matin du 18, dit que la société se réunit « sotto la protczione del générale francese e del cittadiao coinmissario », etc.

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