‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 54 sur 622 · Conversation avec le comte Rœderer · texte numérisé non relu

Conversation avec le comte Rœderer

4. U. Silvagni, t. II, p. 327, citant Fournier, Napoléon I" et de Cristoforis : cke casa sia la guerra.

môme qui s'instruit par l'action même, embrasse tout, et qui exécute en même temps qu'il conçoit?

« Il n'y eut jamais, même chez les Borgia et les Malatesta, de cerveau plus sensitif et plus impulsif, capal)le de telles charges et décharges électriques, en qui l'orage intérieur fut plus continu et plus grondant, plus soudain en éclairs et plus irrésistible en chocs '. »

Aussi « la puissance, la rapidité, la fécondité, le jeu et le jet de sa pensée, semblent sans limites. . . Si vigoureuses que soient les facultés pratiques, sa faculté poétique est même plus forte - ». Il est bien le po^'te au sens étymologique du mot, le Tror/iTY] dos Grecs, celui qui fait, qui agit. « C'est Ihomme qui bondit, frappe et abat. » Son premier mouvement, instinctif, c'est « foncer droit sur les gens et les prendre à la gorge* ». Il semble qu'il soullVc déjà du mal qui l'emportera plus tard, et qu'une contraction de l'estomac provoque au cerveau la poussée de sang qui le jette d'un bond sur l'adversaire, rend son allure hâtive, précipitée, brusque et impatiente, violente !

C'est un « condottiere, faisant ses propres affaires; rapportant tout à soi, général à son compte et à son profit. . . mais condottiere de la plus grande espèce et visant déjà aux plus hauts sommets * ». Si l'on applique un tel ensemble de merveilleuses facultés, une telle et si étonnante aptitude de travail à un but nettement déterminé, rigoureusement circonscrit; si tout l'homme est mis en œuvre pour concourir aune fin unique, son cerveau tendu expressément vers le but dégage, avec une apparente facilité, les inconnues du problème qu'il s'est proposé de résoudre. Tout y teud, tout y travaille; et le groupement de faits et de notions que Bonaparte a entrepris sans relâche, depuis sa jeunesse; entassé dans sa vaste et sûre mémoire ; qu'il a accru surtout, pour ce théâtre d'Italie, où se complaisait à opérer, en pensée, depuis longues années, son génie; cet amoncellement de données scientifiques et positives, jailUt en éclair pour lui faire apercevoir, sans effort, la solution poursuivie de la conquête de l'Italie.

Il y avait vécu, dans cette Italie, durant deux étés ; où il revit les flots bleus de la mer qu'il aimait; où son odorat retrouva avec délices l'odeur des cistes et des citronniers de son île natale ; où il entendit les sons harmonieux de l'idiome national et apprit à « connaître tous les sentiers, toutes les gorges, tous les ruisseaux

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