‹ Bonaparte en Italie 1796Chapitre 55 sur 622 · H. Taiue, t. l<", p · texte numérisé non relu

H. Taiue, t. l<", p

l'étât-:,iajor ïj

des Apennins septentrionaux' » calqués sur ccus de Corso qu'avait parcourus son enfance.

Il avait, dans les divers rôles qu'il s'était essayé à y jouer, réuni, coordonné tous les matériaux nécessaires àla connaissance parfaite, approfondie, du pays et rien ne lui en était demeuré étranger, aussi bien de la configuration du sol, reliefs et contours, que de ses produits et de son passé. 11 scrutait aussi bien l'esprit des populations que les résistances qu'elles opposeraient ou les ressources qu'elles offriraient. Il s'était pénétré surtout du récit des événements de guerre accomplis dans le passé dont il retrouvait le sillage.

C'est qu'il est lui-même un Italien, un Italien de laRenaissance, « frère postbume de Dante et de Micbel Ange. . . par la grandeur surhumaine de ses conceptions*; un héritier direct des Castruccio-Castracani, des Braerio, des Piccinino, des Malatesta et des Sforza ». Il l'est « non pas seulement par une analogie fortuite, une ressemblance physiologique, mais « en fait et historiquement » ; « c'est une parenté positive ^». Il descend d'une manière patente de ces grands aventuriers militaires, usurpateurs et fondateurs d'Etats viagers; « il a hérité, par filiation directe, de leur sang, et de leur structure innée, mentale et morale * ». C'est un « déraciné ^ » de la Corse, un « déraciné » qui a emporté avec lui la sève et la saveur du terroir natal. « Corse de cœur et d'àme, Corse des pieds à la tôte"^ » il est « plus Italien que Français ' », mais Italien de Corse, c'est-à-dire Italien d'autrefois, dont la civilisation niveleuse n'a pas encore limé la rude empreinte. C'est un Italien qui n'a pas subi le frottement delà civilisation, non affiné, ni émoussé, ni verni, qui, réfugié en Corse, a gardé dans toute son âpreté et son étendue le caractère du moyen âge, fortifié par les croisements corses. Il est Corse jusqu'aux moelles par son culte de la petite patrie, par son amour de l'indépendance, sa volonté tenace, sa violence passionnée, sa sauvagerie. Il l'est plus encore par l'inslincltrèsdéveloppé de lafamillc, du clan, delagens, au sens romain du mot; par la fidélité aux amis, aux clients, aux affections d'enfance et d'école ^ Il s'entoure à divers titres, non seulement de son frère Louis, lieutenant d'artillerie depuis cinq mois, mais du fidèle Junot, de Chauvet, liaisons déjà anciennes

Page 1